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Tut fon thrône, la couronne fur la tête, & revêtu de tous les orne-mens impériaux, & du confentement de tous les Princes & Etatsde l'Empire. Sur la fin de l'année, dans une autre Diète qui lé tint àMetz, il fit ajouter à cette Bulle les fept autres articles, qui furentauili publiez en préfence des mêmes Electeurs, Princes & Etats del'Empire, du Cardinal Evêque d’Albe , & de Charles fils aîné deFrance, Duc de Normandie, & Dauphin de Viennois,Neveu del’Empereur. Le premier chapitre ordonne comment, & par quiles Electeurs doivent être conduits au lieu où le tèra l’élection d unRoi des Romains. Le fécond chapitre marque comment cette éle-ction lé doit taire. Le troifiéme régie la léance des Archevêques deMayence, de Cologne & de Trêves. Le quatrième parle des fon-dions & du rang des Princes Electeurs en commun. Le cinquième,des droits du Comte Palatin du Rhin, & du Duc de Saxe. Le li-xiéme, de la comparaifon des Princes Electeurs avec les autres Prin-ces communs. Le feptiéme, de la manière que les fils luccédentaux Princes Electeurs leurs pères. Le huitième , de la jurifdiCtiondu Roi de Bohême, & du privilège des Habitans de ce Royaume.Le neuvième, des mines d’or, d'argent, & d'autres métaux, quifont & feront’ découvertes dans le Royaume de Bohême, & dansles Principautez & Terres des Electeurs. Le dixiéme, du droit defaire battre monnoye. Le onzième chapitre règle la JurifdiCtiondes Princes Electeurs. Le douzième, les alfemblées des mêmes E-leCteurs. Le treiziéme, révoque les privilèges qui feroient accor-dez par l’Empereur, au préjudice du droit des Electeurs de l’Em-pire. Le quatorzième parle du devoir des Valïàux <k Feudatairesenvers leurs Seigneurs. Le quinziéme, des confpirations, ligues,ou fociétez illicites. Le feiziéme, des Phalburgers, qui le font re-cevoir Bourgeois d’autres villes, au préjudice de leur Seigneur. Ledix-feptiéme , des défis ou appels, & des violences injuftes. Ledix-huitiéme contient la forme de mander les Electeurs, pour élireun Roi des Romains. Le dix-neuvième , la forme de la procura-tion que doit donner l’EleCteur, qui envoyera un Ambaffadeur pourlui à l’EleCtion. Le vintiéme ordonne que la qualité d'EleCteur foitattachée inléparablement à la Principauté des Electeurs, en forteque quiconque jouît de la Principauté , jouïflë auffi du droit d’élire.Le vtnt-uniéme règle l’ordre de la marche entre les Electeurs Ec-cléfiafliques. Le vint-deuxiéine, cehVIe la marche des Electeursféculiers. Le vint-troifiéme, la prééimnence des Archevêques E-f lecteurs dans les cérémonies de l'Eglife. Le vint-quatriéme Cha-pitre, qui eft le premier des articles publiez en la Diète de Metz,ordonne de quelle manière doivent être punis ceux qui oferont for-mer quelque complot, pour attenter à la vie des Princes Electeurs.Le vint-cinquiéme défend les démembrement & les partages, quel'on voudroit faire des Principautez Electorales. Le vint-fixiémeparle du rang des Electeurs dans la marche de l’Empereur, vers lelieu où il doit tenir fa féance impériale. Le vint-feptiéme , des fon-ctions des mêmes Princes, lors de la féance & Cour folemnelle.Le vint-huitiéme, de la table de l’Empereur . & des fept tablespour les fept Electeurs. Le vint-neuviéme, des droits dus aux Offi-ciers de l'Empereur par les Princes qui lui font hommage de leursfiefs. Enfin, le trentième, de l'obligation qu'ont les Princes E-lecteurs de favoir la Langue Allemande, la Sclavone, l'Italienne,& la Latine.
L’Empereur Charles IV, ayant apporté toutes les formalitez né-celfaires à cet Edit, pour en faire une Loi fondamentale de l'Empi-re , il commença à le faire exécuter par le fervice qu'il detira queles Princes Electeurs & autres Officiers de la Couronne lui rendil-fent : ce qui s’obferva dans un feftin magnifique qu’il fit le lende-main. L’Empereur & l’Impératrice, vêtus des ornemens impé-riaux, ayant entendu une Meffe folemnelle, accompagnez de tousles Prélats & de tous les Princes, fe rendirent au lieu où le feftinétoit préparé. C’étoit au milieu de la place publique, où l’on avoitélevé une effrade, fur laquelle étoit la table de l’Empereur. Auffi-tôt que l’Empereur & l’Impératrice furent placez, les trois Ele-cteurs Eccléfiaftiques, lavoir l’Archevêque de Mayence, l’Arche-vêque de Trêves & l’Archevêque de Cologne, vinrent à chevalcomme Archichanceliers de l’Empire ; le premier étant Archi-chancelier d’Allemagne ; le fécond, des Gaules ; & le troifiéme,d’Italie. Chacun avoit un fceau attaché au col, & une lettre à lamain droite. Enfuite marchoient les quatre autres Electeurs fécu-liers, auffi à cheval. Le Duc de Saxe arriva le premier, ayant unpicotin d'argent plein d'avoine, en fa main droite , comme Archi-maréchal de l'Empire; & ayant mis pié à terre, il indiqua à fesCollègues les places qui leur étoient deftinées. Le Markgrave de Bran-debourg étant defcendu de cheval, donna à laver à l’Empereur &à l’Impératrice, avec une aiguière d’or , dans un bafïïn d’or. LeComte Palatin du Rhin fervit les plats d'or, avec leur viande , furla table impériale. Le Duc de Luxembourg, neveu de l’Empe-reur , faifant l’office du Roi de Bohême , qui étoit l’Empereur mê-me , mit fur le coin de la table un flacon d’or plein de vin , & enpréfenta à l’Empereur dans un gobelet d’or. Après les Electeurs,marchèrent à cheval le Marquis de Mifnie & le Comte de Schwart-zembourg, tous deux Grands- Véneurs, fonnant fji cor, & fuivisde leurs Chafleurs avec les chiens. Ils tuèrent devant l’Empereur ungrand cerf, & un gros fanglier. A la fin du diner, l’Empereurfit de riches préfens aux Electeurs, aux Princes, aux Comtes, &aux Seigneurs, qu’il congédia , après avoir mis en pratique la Bulled’or par cette cérémonie folemnelle. * Heifs, Hijloire de l'Empire ,tome 6 .L 6 .p- 374.de ledit d'Amfterdam 1733.
BULLE de Brabant. C’efl ainfi qu’on appelle un certainprivilège que Charles IV, Empereur, accordai Aix-la-Chapellele 23 de juillet 1349 , à Jean III, qui lui avoit rendu des fervicestres-diftinguez. Comme cet aCte eft muni d’un fceau d’or qui y eftattaché, plufieurs l’ont appellé, la Bulle d'or de Brabant. Cette Bul-le regardoit Jean III, & fes fuccell’eurs, & contenoit principale-ment les articles fuivans. 1. Que perfonne foit Ecdéfiaftique ou Sé-culier, ne devoit s’arroger aucune jurifdiCtion ou pouvoir judiciaire,ni par évocation , ni par profcription ou en aucune autre manière fuf
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les Sujets, Vafiaux & Serviteurs du Duc de Brahant, excepté dansle feul cas dejuftice retüfée, ( denegatajujlitia ). 2. Que dans toutel’étendue de 1 Empire Romain aucun des Vaflàux, Sujets & Servi-teurs du Duc, ne pourrait être mis aux arrêts ni par rapport à faperfonne ni par rapport à fes biens, foit pour crime, foit pour det-tes. Ce privilège fit naître dans la fuite bien des différents ik degrandes dilputes. 'ÿar lorsque des cas anivoient, où félon l’équité& le Droit commun, les Sujets d’un autre Souverain auraient étéobligez de fe prélènter devant un tribunal étranger , (p. ex. ob UcumcentraHus, rei/ita, delicti , &c.) ceux qui avoient quelque chofe àprétendre des Sujets du Duc de Brabant, étoient contraints de leurintenter procès devant leur propre Juge , ce qui les conftituoit dansde grands frais. Ou fi les Juges des endroits où fe trouvoit un fujetdu Brabant, agifloient contre lui félon le droit ordinaire, les Ducsde Brabant & la Régence Efpagnole de Bruxelles ufoiem de fi for-tes réprelâilies, que fouvent, lorsqu’un de leurs Sujets étoit con-damné ailleurs a payer cent florins, ils en confifquoient ou retenoientmille à un particulier étranger quoi qu’innocent. Quelquefois mêmeils ont fait avancer des troupes & mis garnifon dans les châteaux &maifons nobles du voifinage. Tout cela fit que les Etats de l’Empi-re follicitérent fouvent & avec beaucoup de véhémence l’abolitiontotale de cette Bulle, & la vengeance des excès commis par ceux duBrabant. Quoique l’Empereur ait publié plufieurs Mandats, Refcrits& Décrets, la Régence du Brabant y a fait tres-peu d’attention, 6cs’eft contentée de publier à fon tour des Remontrances. Enfin parle traité de Weftphalie il fut promis qu’on abolirait entièrement lesabus de la Bulle de Brabant. Il parait cependant par les griefs queles Etats de l’Empire ont préfenté du depuis, qu’on n’a point enco-re remédié totalement à ce mal, & que les Membres de l’Empire,dont les forces font peu redoutables, en font encore les viétimes detemsentems. “Thulemar, de Bullis, p. 130. Limnæus, Jur.publ.tome 2. I. 3. cb. 2. S. 53. Fritfch, Elecl. J. P. cb. 12. p. 143.Wehner, Obf.tom. ult. Grundvefle des Heiltgen Romifchen Reichs , p.3. ch, 3. Rtcejf. lmp. deanno 1641. §. 94. Injtrumentum pacis Ofnabr.art. 9. S. 1.
B U L L E N (Anne de) Cherchez. B O U L E N.
BULLERBORN, fontaine célébré, proche du villaged’Oldembek, dans la forêt de Teuteberg , ou de Dethmold enWeftphalie , eft ainfi appellée du mot Allemand Bulleren, qui ligni-fie faire grand bruit, d’où vient qu’on la nommé en Latin Fous tu -multuarius ; & ce nom lui a été donné , parce que l’on entend unmurmure & un fiflement extraordinaire , lorsque fes eaux vontfortir de leurfource. Cette fontaine avoit autrefois une qualité mer-veilleufe ; car après avoir coulé environ une heure, el le celioit pendanttrois heures, & recommençoit enfuite à couler ; puis elle retenoit en-core feseaux, pour les répandre comme auparavant, & continuoit ain-fi par une vicifïïtude tout à fait lyrprenante; mais dont les tems n’étoientpas toujours ré^ez. Les eaux de cette fource font abondantes ; maisleur cours ne s’étend pas au delà d une lieue, & au bout de cet efpace,elles fe précipitent dans des abymes fouterrains. L’an 1630, aumois de décembre, les Proteftans de la Heffe étant entrez dans lediocéfe de Paderborn, cette fontaine , qui jettoitfes eaux avec tantd’abondance, quelles faifoient tourner les moulins d’une forge,tarit tout! coup , & ne recommença à couler qu’en 1638 , lorsqueles ennemis eurent quitté ce pais. Quelques uns difent quelle necoule plus par intervalles, comme auparavant, & que ce merveil-leux effet de la nature, qui avoit paru pendant tant de fiécles, ceflàen 1638, depuis lequel tems elle donne fes eaux continuellementcomme les autres fources. * Ferd. Furftemberg, Monument a p»-derb. imprimez en 1672.
BULLES, petite ville ou bourg de l’ifle de France, dans leBeauvaifis fur la Brefche, à quatre lieues de la ville de Beauvaisvers l’orient. * Maty, Dicl. Qiogr.
BULLINGBROOK, bourg d’Angleterre, dans la par-tie du Comté de Lincoln , qu’on appelle Lindfey , eft fi tué dans unfonds, près de la fource d’une rivière , & eft célébré pour avoirété le lieu de la naiffànce du Roi d’Angleterre Henri IV , qu’onappelloit à caufe de cela , Henri de Bullingbrook ; & depuis ce tems,ç’a été un des tùres des Rois d’Angleterre. En 1624, Jacques Ien fit un Comte: en créant Comte de Bullingbrook, Olivier, Lordde Saint-Jean de Blerfoe , lequel tirait fon origine de MargueriteBeauchamp, grand’méredu Roi Henri VII, duquel Comte le ti-tre parvint en droite ligne à Pawlet de Saint-Jean, Comte de Bul-lingbrook, fous le régne de Guillaume III. La Reine Anne con-féra ce titre à M. de Saint-Jean, qu’elle fit auffiSécretaire d’Etat,& qui a eu tant de part aux affaires & aux révolutions arrivées lesdernières années du régne de cette Princeflè. * Ditlion. Anglais.Mémoires du tems.
BULLINGER (Henri) père du grand homme qui fuit, &qui a immortalifé fon nom, étoit originaire de Bremgarten petite vil-le de SuifTe fur la Rufs. Il en fut fait le Curé en 1306, & il fut ou-tre cela Doyen rural du Chapitre de Bremgarten & de Zug. En1319, Samfon ayant voulu fe produire à Bremgarten pour vendre fesIndulgences, Bullinger ne voulut point le recevoir, proteftant qu’ilperdrait plutôt la vie que de le laifler entrer dans fon églife. Samfonirrité chargea le Curé d’injures & l’excommunia ; mais Bullingerméprifa fon excommunication, & Samfon fut obligé de fe retirer.Ce ne fut que dans le carême de l’an 1329, que Bullinger fe dé-clara ouvertement pour la Réformation. Etant monté en chaire ildit à fes Auditeurs, „ Qu’il y avoit 23 ans qu’il leur prêchoit ;„ qu’il leur avoit toùjours prêché ce qu il croyoit être la vérité ;,, mais qu’il avoit été aveugle, & dans les ténèbres, comme les au-„ très, qu’il en demandoit pardon! Dieu, & que déformais il étoit„ réfolu, avec le fecours de fa grâce, de leur montrer le droit„ chemin du falut, & de les conduire à J. C. feul. ’’ L’Avoyerde la ville nomméHcnegker, fcandalifé de ce difcours, fe laiffi al-ler à fon zélé , & cabala jufques à ce que Bullinger fut dépofé.Cependant la Réformation fut reçue cette même année par les Bour-geois de Bremgarten ; & leur premier Pafteur fut Gtrvais Schouler.
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