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pour la défense de la patrie : c’est une trouped’hommes armés qui suivent aveuglément lesordres d’un chef dont ils ne savent pas les in-tentions; c’est une multitude d’ames pour laplupart viles et mercenaires, qui sans songer àleur propre réputation, travaillent à celle desrois et des conquérants; c’est un assemblageconfus de libertins, qu’il faut assujettir à l’obé-issance ; de lâches, qu’il faut mener au combat ;de téméraires, qu’il faut retenir; d’impatients,qu’il faut accoutumer à la constance. Quelleprudence ne faut-il pas pour conduire', et réu-nir au seul intérêt public tant de vues et de vo-lontés différentes? Comment se faire craindre,sans se mettre en danger d’être haï, et biensouvent abandonné? Comment se faire aimer,sans perdre un peu de l’autorité, et relâcher dela discipline nécessaire?
35- ) Qui trouva jamais mieux tous ces justestempéraments, que le prince que nous pleu-rons? Il attacha par des nœuds de respect etd’amitié ceux qu’on ne retient ordinairementque par la crainte des supplices; et se ht rendrepar sa modération, une obéissance aisée et