EBR. EBS. EBU. ECA* Scc.
& eutLeudéfe ou Leudéfie pour Maire du Palais. Ebroin dans le mê-me tems quitta le monaftére & l’habit de Clerc, fit aflàffiner Leudefe,8 c parce que le Roi ne le vouloir pas recevoir, il fuppofa un Clovis,qu il difoit être fils deClotaire Hl.forçales peuples de lui jurer fide-lité, & défola tous les pais qui réfuférent de le faire. La ville d Autunfut alfiégée ; & le faint Evêque Leger y ayant été furpris, eut lesyeux crevez, & fut mis dans un monaftére par les ordres d Ebroin:de forte qu’on fut obligé de recevoir ce Tyran pour Maire du Pa-lais de Thiern. Il gagna les Grands de Neuftrie & de Bourgogne,& renvoya fon faux Clovis dont il n'avoitplus befoin. Dans cettehaute puillânce fa tyrannie n’eut point de bornes. Saint Leger 8 c leComte Guérin fon frère furent les viétimes de fa haine , qui n épar-gna aucun de ceux qu’il n’aimoit pas. Les plus prudens prirent lafuite. Enfin un Seigneur nommé Hermenfroi, qu il avoit dépouilléde tous fes biens , &c qu'il menaçoit de mort, le tua un matin, lesuns difent dans fon lit, & les autres à la fortie de fon Palais. Cefut, félon Mézeray, l'an 681, & félon d’autres l’an 683 ou 688.
* Grégoire de Tours , Append. ch. 94. é' Adon & Si-
gebert , en laChron. Aimoin, l. 4.C. 44. 45. frfuiv. Mézeray ,Hift. de France.
E B R O N, Voyez. HEBRON.
* E B S D O R F, bourg & cy-devant Abbaïe de filles nobles del’Ordre de S. Benoit au midi de Lunebourg tirant vers l’eft , & aunord-oueft d’Ultzen. On dit que le Duc Bruno qui a bâti la villede Brunswik, & avec lui douze Comtes & les Evêques de Minden& d’Hildesheim , fiirent tuez dans une bataille , qui fe donna prèsd’Ebsdorfen 876 , ou, comme d’autres veulent, en 800. * Gr.Dicl, Univ. Holl. Zeileri Topographia. Tromsdorf, Géogr.
EBURIC ou EBORIC, Roi des Suéves en Galice, fuc-céda l'an 581 , à Miron fon père , & l’année fuivante fut pris & en-fermé dans un monaftére parAndeça, ufurpateur du Royaume.Ce dernier fe porta à cette entreprife, après avoir époufé la femmedu Roi défunt. Lewigilde, Roi des Goths , le traita de la mêmefaçon , en 585. C’eft ainfi que finit le Royaume des Suéves en E-fpagne. * Grégoire de Tours, l. 6 . c. 43.
EBURNIUS. Cherchez, ALBURNIUS VALENS.
E B U R O N S , nom de quelques peuples de la Gaule , dudiocéfe de Liège, ce qui fe doit entendre de l’ancien diocéfe, qui aété établi à Tongres , puis à Maftricht, & enfin à Liège. Il s’é-tendoit non feulement dans ce qui eft aujourd’hui du Domaine del’Evêché de Liège, mais auffi dans une bonne partie du Brabant, duLimbourg, du Luxembourg, &c. & dans tout ce qui eft du Duché deNamur, qui a été tiré de l’ancien diocéfe de Liège. Céfar, Pline,& Eutrope, ont auffi nommé Eburons & Eburonices, Aulerci E-burovices , ceux d’Evreux qui font proprement les Eburovices. Con-fuitez, Strabon & Céfar ; & entre les Modernes Sanfon, de 1 ancien-ne Gaule.
E B U T H A M. Voyez. E T H A M.
* EB U T I A, famille Patricienne tres-illuftre, & dont Tite-Live fait fouvent mention. Elle a donné à la République Romai-ne entr’autres , T. Ebutius Elva que Denys d’Halicarnallè appelleabufivement Publias, & qui fut Conful l’an de Rome 2545 Poflhu-mius Ebutius Elva Cornicen , qui le fut en 311 ; M. Ebutius Elva ,qui la même année fût fait Triumvir pour conduire une Colonie ;T. Ebutius Carus qui fut en 570 revêtu de la même charge pour unepareille commiffion. Ælius Lampridius dit de plus que fous l'em-pire de Commode un certain Ebutianus Colonel des Gardes fut af-l'affiné par Cléandre. Fa fi Capitol. T. Livius. C. Patin. Famil.
Rom.
EBUTIUS , (Titus Elva) fut Général de la cavalerie Ro-maine , fous A. Pofthumius qui étoit Diftateur. Voyant balancerla victoire entre les Romains & les Latins, qui fe battoient prèsdu lac Regillus, à préfent, Lago di Caftiglione, il fit ôter les bridesà tous les chevaux, pour ôter tout efpoir de fuir , fondit impétueu-fèment fur l’ennemi, & fe rendit maître du champ de bataille, l’ande Rome, 320, & avantJefus-Chrift 434.
EBUTIUS, un des plus fages & des plus braves GénérauxdeVefpafien pendant la guerre contre les Juifs. Il invertit Jotapat,& empêcha que Flave-Jofèphe , Gouverneur de Galilée , qui s’y é-toit jetté, ne fortît de cette plat e. Il fut tué à ce fiége , l’an 67 del’Ere vulgaire qui étoit le dernier de l’empire de Néron. “Jofephe,Guerre des Juifs, liv. 3. chap. 2. (y livre 4. chap. 4.
E B Z A N. Voyez. A B Z A N.
E C A. E C B. E C C. E C D. E C E.
* U C ATÉPEC , nom d’un village & d’une montagne de
T l’Amérique feptentrionale dans le Mexique ou la Nouvelle
Efpagne, dans la Province de Guaxaca fur les confins de la Provincede Soconufco.
E C B-A R ou A C H O B A R. Voyez. GUZURATE& M O G O L.
ECBATANE, ville capitale de la Médie, que quelques-uns croyent être la ville de Chalanne ou Calne, dont il eft parlédans 1 Ecriture, Génefe, ch. 10. v. 10, fondée par Déjocès , Roides Médes, fut bâtie vers l’an 700 avant Jefus-Chrift. Il eft ditdans le livre de Judith, qu’Arphaxad, Roi des Médes entoura laville d Ecbatane de murs de pierre de taille, larges de cinquantecoudees, & hauts de loixante & dix ; qu’il y fit des portes, & destours de cent coudées de haut à chaque porte. Il y a bien de l’appa-rence que cet Arphaxad eft Phraartès, fils de Déjocès, qui perfe-ctionna & acheva 1 ouvrage que fon père avoit commencé. Diodo-re dit que 1 enceinte de cette ville étoit de deux cens cinquante fta-des. Polybe prétend qu elle n’étoit point entourée de murs. On ygardoit les thrélors de la Médie dans une citadelle très-forte, en-tourée de fept murailles, dont les créneaux, à ce qu’on croit, é-toient tousdifférens, blancs, noirs, couleur de pourpre , bleus,orangez argentez & dorez. Le Palais Royal, les fépulchres desRois , 8 c un temple magnifique en Moient l’ornement. Polybe &
E C B. E C C. 7
Jofeph nous en donnent la defcription. La ville d’Ecbatane étoit fi*tuée dans une plaine, environ à douze ftades du mont Oronte. Cam-byfe reçut dans cette ville la blellüre dont il mourut. Parménion yfut tué par ordre d’Alexandre. Epheftion y mourut, & y fut en-terré. Quelques-uns croyent que l’ancienne Ecbatane eft à préfentla ville de Tauris dans la Perfe fur les frontières de Turquie, 01)les Rois de Perfe failbient autrefois leur féjour. D’autres croyentque c'eft Ifpahan ; & d’autres que c’eft Chabis dans la Provinced’Altach ; mais tout cela eft incertain, & l’on ne trouve nulle partles vertiges de cette grande ville d’Ecbatane, qui dès le tems desEmpereurs Romains paroit peu connue. * Judith, ch. i.v.i. Hérodo-te, l. i.& 3. Strabon, l. 11. Polybe, /. to. Pline, l. $. c. 19. I. 6.c. 26. ée 27. Quinte-Curce, 4. c. 3. /. 5. e. 8. <$* 13. Samuel Bo*chart, Phaleg. I. 3. e. 17.
ECBATANE , ville de Syrie fituée au pié du Mont Car-mel. Ce fut dans cette Ecbatane que mourut Cambylè de la bieffure qu’il fe fit en montant à cheval. Ce Prince voyant que fa blef-fure étoit mortelle, demanda le nom de la ville où il étoit. Onlui répondit que c’étoit Ecbatane. Comme il avoit appris de l’Ora-cle qu’il devoit finir fes jours à Ecbatane, il entendoit Ecbatane deMédie, mais il vit l’accomplilîèment de l’Oracle dans Ecbatane deSyrie. * Pline, /. 5. c. 19. Hérodote, Thalie ou livre 3.^. 212.de l'édition de Henri Etienne en 1592.
E C B E R T. Cherchez, E G B E R T.
E C C A R D. Voyez E C K A R D.
ECCELENFORT ou ECHELENFORT. Voyez.EKELENFORT.
ECCHELLENSIS (Abraham) favant Maronite , a été Profef-feur Royal des langues Syriaque & Arabe, en l’Univerfité de Pa-ris. M. le Jay , qui faifoit travailler à la grande Bible, s’étantbrouillé avec Gabriel Sionita, Maronite , fit venir de Rome Abra-ham Ecchellenfis. Celui-ci eut quelques c»nteftâtions avec M. deFlavigni Doéïeur de Sorbonne, 8 c Profeiïèur Royal en langue Hé-braïque : & ils écrivirent l’un contre l’autre avec beaucoup d aigreur,comme il paraît par leurs Ecrits qui font imprimez. M. de Fla-vigni reprocha à Abraham fon peu de capacité dans la langue Syria-que : mais bien qu’il ne fût pas peut-être fi habile en Syriaque 8 c enArabe , que Gabriel Sionita, on ne peut nier quïl n’entendit trèsbien ces deux langues. Il étoit très-capable d’ailleurs d’exécuter cequïl avoit entrepris , pour faire achever lïmprelfion de la grandeBible de M. le Jay, qui lui donnoit par an lix cens écus d’or, fui*vant un traité qu’ils avoient fait enfemble. Pendant fon féjour à Pa-ris , il traduifit quelques Ouvrages d’Arabe en Latin ; mais il s’eftrendu beaucoup plus recommandable par les livres quïl a fait im-primer à Rome contre quelques Proteftans, où il tâche de conci-lier les fentimens des Orientaux avec ceux de l’Eglife Romaine. Onreconnoit dans Abraham Ecchellenfis une grande connoiftànce deslivres de Théologie écrits en Syriaque & en Arabe, comme il fe voitdans les remarques quïl a ajoutées au catalogue des Ecrivains Chal-déens compofé par Ebed-Jefu , & quïl a fait imprimer à Rome en1653. Il a obfervé cette même méthode dans fon Eutychius vindica-tus contre Selden, imprimé au même lieu en 1661 , où l’on trouveauffi une cenfure exaéte des fautes de Hottinger dans fon HiftoireOrientale. * Le P. Morin , Exercit. Bibl. M. Simon , Hift. crit.La Congrégation de Propaganda fide, aggrégea Ecchellenfis environl’an 1636, à ceux quelle fàilbit travailler à une V erfion de l’Ecritu-re en Arabe. Elle le rappella de France, & il travailloità cetteverfionà Rome l’an 1652. Pendant quïl étoit à Rome Profèfiëuraux langues Orientales , il fut choifi par le Grand Duc FerdinandII, pour traduire d’Arabe en Latin le 5. le 6. 8c le 7. livre des Co-niques d’Apollonius. Il fut aidé dans cette verfion par Jean Al-phonfe Borelli , fameux Mathématicien qui y ajouta des Commen-taires. Tout cela fut imprimé à Florence avec le livre d’Archi-mède de AJfumptis l’an 1661, in folio. Ecchellenfis mourut à Ro-me au mois de juillet 1664. * Bayle Diél. Crit. 4. édit.
ECCIUS ou ECKIUS. Voyez, E C H I U S.
ECCLËSIASTE , mot qui fignifie Prédicateur , eft lenom d’un livre Canonique de l’Ecriture , que les Hébreux nom-ment Koheleth , qui fignifie à la lettre, celui ou celle qui ajfemblt ,foit parce que l’Auteur de ce livre a ramafié les fentimens de plu-fieurs Sages, foit à caufe de la fcience de l’Auteur, foit parce quïlétoit nouvellement réüni ou raflemblé à la Synagogue , ou plutôtenfin, parce que ce livre eft un difcours fait à une alîèmblée. Onl’attribue communément à Salomon. Quoique fon nom ne foit pasà la tête il y a des circonftances dans le livre, qui ne conviennentqu’à ce Roi. Néanmoins les Talmudiftes le donnent à Ezéchias.
R. Kimchi en fait Auteur Ifaïe ; & Grotius l’attribue à Zorobabel.Quelques anciens Hérétiques, dont parle Philaftrius, ont cru quïlavoit été compofé par un impie , qui ne reconnoiflôit point d’autrevie ; mais il n’y a pas lieu de douter quïl ne foit de Salomon, &lesJuifs ont affùré que c’étoit le dernier de fes livres, & un fruit de fapénitence. Le fujet de ce livre eft de prouver la vanité, ou le peude folidité des chofes de ce monde , & de foire voir que lafélicité de l’homme confifte à craindre Dieu, & à obferverfes com-mandemens. Les Hébreux & les Chrétiens ont toujours mis ce li-vre au rang des livres Canoniques. ‘Saint Jérôme, in c. j. Eccl.yc.
S. Auguftin , Pf 126. érc- Philaftrius, c. 130. Sixte de Sienne,auCatal. Bellarmin, in Verbo Deifcripto , c. 5. & de Script. Ecclef.Pineda, de Reb. Salom. Delrio. Salian. Torniel , &c. DuPin,Differtation prélim. fur la Bible, tome I.
L’ECCLÉSIASTI QU E, autre livre de l’Ancien Te-ftament que quelques Anciens ont nommé Ilmdperoç , c'eft à dire,le livre de toute vertu, & que les Grecs nomment plus communé-ment Sagejfe de Jefus fis de sirach, avoit été compofé en Hébreu,comme la préface nous l’apprend, par un Juif de ce nom, & futtraduit en Grec par fon petit-fils. Saint Jérôme dit en avoir vu defon tems un exemplaire Hébreu, qui ne portoit pas le titre d ’Ecclé-ftaftique, mais celui de Paraboles. Il a été compofé dans le tems duPontificat d’Onias III , fous le régne de Ptolomée Epifhanès, 8c
d’An-