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3 (1740) Lettres CHEI - E
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î DA C.

pour la mêmeraifon, qu’on y diftribua des terres aux Vétérans desLégions cinquième de Macédoine, & treiziéme Jumelle, qu’on éta-blit à Viminace. Trajan Déce qui commandoit alors dans la pro-vince , ainii qu’on l’apprend dejornandès, toutobfcur qu’il eft, futpeu après Empereur, & n'eut pas peu de peine à conferver la Dace,qui étoit la première expofée aux incurfions des Barbares. Les guer-res civiles qui agitèrent enfuite l’Empire, rendirent la confervationde cette province plus difficile ; 8c enfin Aurélien l’abandonna, maisd’une manière extraordinaire ; car il fit palier le Danube aux Habi-tans, 8c il les établit dans une partie de la Mœfie, à laquelle ildonna le nom de Dace Cis-Iftrienne. C’eft cette nouvelle pro-vince, que Dioclétien partagea en B ace Ripenfe, fie Base Méditerra-née , leiquelles fermèrent depuis deux provinces du grand Gouver-nement de l’Illyrie, comme on l’apprend de Feftus Rufùs. Onap-pella même Dace un des diocéfes de ce Gouvernement; 8c ce dio-céfe, ainii qu’on le voit dans la Notice , fut compofé des deux pro-vinces de cé nom, de la première Mœfie, de la Dardanie, & de laPrévalitanè, avec partie de la Macédoine falutaire. Les peuples quivinrent s’établir dans l’ancienne Dace en prirent le nom, ou dumoins les Romains les appellérent ainii. Saint Nicétas les convertità la fci, & fut leur premier Evêque , comme nous l’apprenons delaint Paulin. Ils ne furent pas toujours conftans dans la Religion or-thodoxe. * Saint Paulin , de Reditu S. Nie. in Bac. Pline , l. 4. c. 12.Strabon , l. 7. Ptolomée , l. 3. c. 8. Dion Caffius, Z. 68. Baronius,A. C. 396. Vopilcusi» Aureliano. Notifia Bignit. Imp. Banduri Nu-mi fm. Impp. Romm.

DAC ES, peuple. Voyez, l’article précédent.

D A C H. Voyez. DAC.

DACHAW, petite ville d’Allemagne. Elle eft dans le Duchéde Bavière, fur la rivière d’Amber, qu’on y paftè fur un pont, à 4ou 5 lieues de Munich, vers le couchant lëptentrional. * Maty, Bi-llion. Géoçr.

DACHERI (Dom Luc) Voyez. AC HERI.’DACHHULF, Duc 8c Marquis de Thuringe. Les Bohé-miens ayant en 849 detlèin de faire une invafion en Allemagne, leRoi Louis I. mit lur pié une puiflànte armée , & en donna le com-mandement à Dachhulf Les Bohémiens, ne s’étant pas attendus àcela, 8c fe fentant trop foibles pour empêcher l’irruption d'un li re-doutable ennemi, lui firent une députation , 8e cherchèrent, en luioffrant des otages, à lé maintenir dans la jouïflànce de la paix. Dach-hulf, qui dans cette expédition avoit reçu une bleflure à la jambegauche., fevoit bien que s’il fe fàifoit voir aux Députez dans l’état oùil le trouvoit, cela leur redonnerait du courage. C’eft pourquoi ilmonta à cheval pour les recevoir , & leur promit qu’il ferait tout cequ’il pourrait pour eux. Enfuite il expofa aux autres Officiers le fu-jet de leurs demandes : mais comme ils étoient animez contre luid’envie & de jaloufie , bien loin d’accepter la propofition des Dépu-tez , ils le jettérent avec fureur fur les Bohémiens : ce qui leur réüffitfi mal, qu’ils furent obligez de fe retirer tout en làng, 8e de don-ner leurs propres otages pour obtenir une libre retraitte. * Gr. Bill.Univ. Holl. Asmales Fuldenfes. Sagittar. Antiq. Bue. Thur. 1 . 3. c. 3.& 7.

*DACHSBOURG ou DABO .petite ville de la Baffe Alftce.Elle eft dans les montagnes de Vofge , aux confins de la Lorraine,près de la fource du Sorr, environ à trois lieues de la ville de Sa-verne. Dachsbourg, qui appartient au Comte de Linange, eft uneplace forte par fa fituation fur le haut d’un rocher. * Maty, Billion.Géogr.

DACHSPERG ou DACHSPURG voyez. DACHSBOURG.DACHSTEIN, autrefois DAGOBERSTEIN,petite villede la Balle Alface , fituée dans l’Evêché de Strasbourg, fur la rivièrede Brufch, environ à trois lieues au deffus de la ville de Strasbourg.Cette ville, qui a pris fon nom de Dagobert Roi‘de France fonfondateur, avoit un bon château, que les François ont ruiné. * Ma-ty , Billion. Géogr.

DACHSTOEL ou DACHSTUL , petite ville avec châ-teau fur laSare près de Birkenfeld a une Seigneurie qui en dépend,fie dont une noble Emilie a autrefois porté le nom. * Gr. Bill. Univ.lloll. Tromfd. Géogr.

D A CIA ( Pierre de ) Philofophe & Âftronome. CherchezPIERRE DE DAC IA.

DACIE. Voyez DACE.

DACIEN, Gouverneur d’Efpagne pour les Empereurs Dio-clétien 8e Maximien, vivoit fur la fin du III. fiécle. Il perfécuta lesChrétiens avec une fureur étrange. Ce fut lui qui fit mourir IkintVincent, Sc plufieurs autres Fidèles. * Prudence, Péri Steph.Hymn.4.(^5. in Land. XVIII. Mitrt. Cafar-Ang. &c. Métaphrafte, Surius,& Boïlandus , au 22 Janvier.

DACIE R (André) naquit à Caftres dans le Haut Languedocle 6 Avril 1651. Son père qui étoit Avocat de la Chambre de l’E-dit , & qui fàifoit profelîion de la Religion Proteftante , dans laquelleil avoit été élevé, 11’oublia rien pour l’y élever de même. D’jbordil le fit étudier au Collège de Caftres, qui étoit encore miparti, &lorsque par arrêt du Confeil du 17 Novembre 1664, la direétionde ce Collège eut été donnée aux feuls Pères Jéfuites, il l’envoya àl’Académie de Puylaurens , & enfuite à celle de Saumur , afin qu’ilachevât de s’y perfeélionner dans les Humanités fous le fameux Tanne-guy le Févre. M. B acier , qui avoit du goût 8c de l’inclination pour lesLettres répondit parfaitement aux foins d’un fi excellent Maitre, 8c M.le Févre fut fi content de fon application 8c de fes progrès, qu’ayantrenvoyé plus d’un an avant fa mort’tous les Elèves qu’il avoit dans faniaifon, M. Dacier fut le feul qu’il retint. Ce favant homme don-noit alors toute fon application à former aux Belles Lettres fon illuftrefille, qui a été depuis la gloire & l’honneur de fon fexe. M. Dacier neput voir le mérite maillant de cette aimable perfonne fans en êtreépris. Elle ne le fut pas moins de celui de fon condifciple, & cefut dès-lors que fe formèrent ces fentimens réciproques d’eftime 8c detendreflè que près de 40. années de mariage n’ont pu affoiblir. Lamort de M. le Févre arrivée en 1672, obligea M. Dacier à retour- 1

, D A D.

ner chez fon père., Après y avoirdemeuré quelque tems, il vint àParis dans le deffèin de chercher un établifiement qui. lui convînt8c de connôitre par lui même ceux dont la réputation làifoit alors léplus de bruit dans la République des Lettres. L’un fut plus aifé quel’autre, 8c les belles connoillances que M. Dacier avoit puifées dansla célébré école de Saumur, lui eurent bientôt aquis i’eftime fie lafamiliarité des Savans. Mais comme le chemin de la fortune eft peuacceffible aux Gens de Lettres, & qu’il ne voyoit guéres d’apparenceque cette route dût fi tôt s’applanir pour lui, l'impollibilité où il étoitde fe foutenir à Paris fans emploi, lui fit prendre le parti de rega-gner la maifon paternelle pour une fécondé fois. Le peu de fuccèsde ce premier voyage ne fit point perdre courage à M. Dacier, ilen tenta bientôt après un fécond qui fut plus heureux. Ses amis in-formèrent M. le Duc de Montaufter de fon mérite fie de fa capacité ;fie ce Seigneur charmé d’avoir trouvé un Sujet qu’il pût mettreen œuvre, le fit mettre fur la lifte des Interprètes Dauphins & lechargea de travailler fur Pompeïus Feftus. Il époufa en 1683 An-ne le Févre , dont on vient de parler. Cette union fut univer-fellement approuvée. Eft 1685 il embrafîà la Religion Ro-maine.

En 1695 il eut la place de M. Félibien dans l’Académie des In-feriptions , 8c celle de M. François de Harlay Archevêque de Parisdans l’Académie Françoife. ; L’Académie des Infcriptions ayant reçuune nouvelle forme en 1701, M. Dacier ne perdit rien à ce change-ment & fut confervé Penfionnaire. Lorsque l'impreffion de fHi-ftoire du Roi par médailles eut été achevée , il lut choifi pour lapréfenterà ce Prince, qui informé des foins que M. Dacier y avoitapportés , & de la part qu’il avoit eue aux explications hiltoriquesqui accompagnent les médailles , le gratifia d’une penfion particuliè-re de deux mille livres. Il l’honora prefque en même tems de lacharge de Garde des livres du cabinet du Louvre, qui étoit vacantedepuis l’an 1694, par la mort de M. l’Abbé de Lavau. L’afiiduitéde M. Dacier à l’Académie Françoife lui valut la place de Secrétaireperpétuel que la mort de M. l’Abbé Régnier'des Marais laillà va-cante en 1713. Il obtint encore fur la fin de l'année 1717, un bre-vet de retenue de dix mille écus fur la charge de Garde des livres ducabinet, & lors que par l’arrêt du mois d’Août 1720, cette chargefut réünie à celle de Bibliothécaire du Roi, il ne fut pas feulementmaintenu dans fes prérogatives de fon emploi, 1avie durant, maispar une grâce qui n’avoit pas encore eu d’exemple, la furvivance enfut accordée à fon époufe. La mort de Madame Dacier arrivéepeu de tems après, empêcha que cette précaution, fi glorieufe pourelle, eût fon effet. Il eft aifé de concevoir que M. Dacier fut ex-trêmement fenfible à cette perte. Il s’étoit fait une douce fie longueHabitude de la compagnie de fon époufe. Il trouvoit en elle une fem-me aimable que des études férieufes neloignoient point des foinsqu’elle devoit d’abord à fon domeftique. C’étoit pour lui un ami fi-dèle qu’il pouvoit confulter dans tous fes doutes, fie qu’il ne conful-toit jamais en vain. Depuis cette mort, M. Dacier n’a fait que lan-guir les deux dernières années de là vie. Il fongeoit à'chercher dansun fécond mariage de quoi adoucir fa peine , mais la mort l’en aempêché. Il eft mort le 18. Septembre 1722, d’un ulcère dans legofier, qu’il ne croyoit pas fi dangereux, puis que la veille même ilétoit encore à l’Académie. Il étoit alors âgé de 71. ans. M. Dacieravoit la taille un peu au deffous de la médiocre, le vifage long fie fec.Son abord étoit froid , 8c fa converfation allés pefante , du moinsdans les dernières années de fa vie ; il ne l'animoit guéres, que quandil s’agilfoit de défendre les Anciens, Se d'infpirer à la jeunetîè l’a-mour de la vertu 8c de l’étude. Il étoit inépuisable fur ces matières.Au refte il étoit doux, mode fie, ami zélé, extrêmement laborieux,fie remplaçant à force de foins ce qui lui manquoit du côté de la fa-cilité. Enfin fes mœurs, fes fentimens, tout retraçoit en lui cetteancienne Philofophie qu’il a tant vantée , cette Phii’ofophie accom-modée aux régies fie aux principes du Chriftianifme. Quelques per-fonnes ont accufé M. Dacier d’avoir porté trop loin, de même quefon illultre époufe, fon amour pour les Anciens : on a même fait* làdefîùs des railleries aflës piquantes. Mais il a toujours méprifë cesrailleries, 8c ne s’eft jamais départi de fes premiers fentimens. Si 1on ne peut entièrement l’approuver fur ce point , fie 11 d’habilesThéologiens fe font révoltés contre la conformité que fa préventionpour l’Antiquité lui a fait trouver entre la Philofophie Platonicienne,fie la doétrine des premiers Pères de l’Eglife, entre la fagefiè duPaganifme 8c la Morale de l’Evangile , il faut cependant l’exeufer,parce qu’il a frit une étude particulière de ceux d’entre les Payens,qui fe font attachés avec le plus de fuccès, à connôitre fie à régler lecœur de l’homme : en quoi on ne peut allés l'eftimer. Il n’a choiiique des liijets utiles, il n’a confacré là plume qu’à des ouvrages fbii-des, il n’a enrichi la langue Françoife que de ce que la .faine Anti-quité nous a laiflë de plus inftruétif fur les mœurs. On trouveramême, fi on veut lui rendre juftice, que lors qu'il rencontre dansles Auteurs qu’il traduit, des maximes peu conformes aux véritablesrégies de nôtre Religion, il les reforme, 8c en fait fentir le foiblepar des remarqnes édifiantes. Voici le catalogue de fes Ouvrages.Sexti Pompeji Fefti Marci Vcrrii Flacci de verbomm fignifleatio-ne Lib. XX. eut» Notis & Fmendationibus in ufum Belphini, Parif.1681. in 4. item Amftelodami 1699. in 4 - Oeuvres d’Horace en Latin& en François avec des Remarques Critiques & Hiftoriques, Paris ,i68r. 1689. ro. vol. in 12. la dernière Edition eft d’Amfterdam 1726.Lettres contenant quelques nouveaux éclaircijfemens fur les Oeuvresd’Horace , Paris, r 7 o 8 . in r 2 . S. AnaflapiSindits, AnagogicarumCon-templationum in Hexameron Liber XII. haHenus depderatus, cum Notis& Interpretatione Latina, Londini 1682. in 4. Réflexions Morales del’Empereur Marc Antonin avec des Remarques., Paris i 6 gi. in t2. Tom.II. La Poétique d’Ariftote contenant les régies les plus exaltes pour jugerdu Poème héroïque & des pièces de Théâtre, la Tragédie & la Comédie,traduite en François avec des Remarques Critiques fur tout l'Ouvrage ,Paris, 1692. in 4. 8c in 12. L’Oedipe & l’Electre de Sophocle, TragédiesGréques traduites en François avec des Remarques, Paris, 1693./» 12. LesOeuvres d’Hippocrate traduites en François avec des Remarques, @^con-