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3 (1740) Lettres CHEI - E
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CYS. CYT. CYZ

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CYS. CYT. CYZ.

C Y S I Q.U E. Voyez. C Y Z I O U E.

C Y T H A R E, ou plutôt CITHARE, qu’on appel-le aujourd'hui Guitarre ou Guiterre, étoit anciennement un inltru-ment à cordes, de figure triangulaire, qu’on touchoit avec un ar-chet , comme il eft décrit dans une lettre attribuée à faint Jérôme.On peut juger par ce que dit Paufanias, que la cythare & la Jyre é-toient deux inftrumens fort différens, & que Mercure fut 1 Inven-teur de la lyre, & Apollon de la cythare. Cependant la plupartdes Poëtes confondent ces deux inftrumens, parce qu ils font à peuprès femblables, & que leur figure n’eft pas fort différente ; la cy-thare étant triangulaire, & la lyre ayant la figure de deux SS oppo-fées. On voit même des ftatues ou des médailles, où Apollon eftrépréfenté avec la lyre à la main, auffi-bien que la cythare. * An-tiq. Gréq. & Rom- Jean Rotin, & Thomas Dempfter, Paralip ;

C Y T H E' R E, ifle de la Grèce, au midi du Péloponnéfe,fut au (fi appellée Porphyres. Ce fut près de là que V énus, félon laFable fut formée de l’écume de la mer, & ce lieu la fit furnommerCythérée. Les Habitans de Cythére adoroient cette Déelfe dans untemple fuperbe, qu’ils lui avoient conficré, fous le nom de VénusUranie. Cherchez. C E'RIGO. * Etienne de Byzance. Ptolo-mée, l. 3. Pline, l. 4.

C Y T H E'R O N, montagne de Béotie, célébré dans les E-crits des Poètes, qui feignoient quelle étoit confacrée à Bacchus.Ovide en parle dans le troifiéme livre des Métamorphofes. Junon eftaufli appellée Cythéronienne , parce qu’un certain Cythéron confeil-la à Jupiter, qui étoit en divorce avec Junon, de feindre qu’il vou-loir s’engager dans un nouveau mariage, afin de ramener cetteDéeffe. Ce confeil fut fuivi, & réüffit parfaitement. * Plutar-que , dans Ariftide.

CYZ (Marie de) naquit à Leiden en 1656, de parens nobles,qui lelevérent dans la Religion Réformée. Elle fut mariée à 19ans, à un Gentilhomme fort riche, nommé de Combe, avec le-quel elle eut tant à fouffrir, qu’au bout de 18 mois, il fallut lesféparer. Mais lix mois après ii la iaiflà veuve. Le frère de feu fonmari l’amena en France, où elle embraffa la Religion Romaine ;ce qui lui attira de mauvais traitemens de fes parens, jufqu’à lui re-fufer la nourriture. Mais le Curé de faint Sulpice, dans la pa-roiffè duqueile elle demeuroit, fe chargea de fon inftruétion & defa fubfiftance. Après quelques années d’une vie cachée & retirée.Dieu infpira à cette pieufe Etrangère de retirer chez elle, les filles& femmes pécherefles, qui vouloient faire pénitence volontaire deleurs déréglemens, & en peu de tems, elle en forma une efpéce deCommunauté, quelle nomma du Bon P a fleur. Le Seigneur ayantbéni fon œuvre, il fallut penfer à avoir une plus ample demeure.Le Roi averti de cet heureux fuccès, donna en 1688 une maifon,fize au Fauxbourg-Saint-Germain, rue-Chaffemidy, qui appartenoità un Réformé, qui s’étoit retiré du Royaume, ajoutant une ordon-nance de 1 joo livres pour les réparations : c’eft là que Madame deCombe eut la confclation de voir fous fa conduite une centaine defilles pénitentes, quelle gouverna figement jufqu’à fa mort arrivéele 16 juin 1692, n'étant âgée que de 36 ans. Son Inftitut s’eft ré-pandu en plufieurs villes de France, & il y en a trois maifons dansParis. Voyez, fa Vie imprimée en 1700.

C YZI C I N, Auteur natif d’Athènes, vivoit vers la 105 O-lympiade, environ 360 ans avant J. C. & cultiva avec fuccès l’étu-de des Mathématiques, & de la Géométrie. * Volfius, des Ma-thém.ch. 13.S. 5. p. 49.

C Y ZIQJU E , ville fameufe autrefois, l’une des premièresque l’on trouve à main droite fur les bords de l’Afie. Sa fondation eftfort ancienne, puisqu’elle la tire des Argonautes, ce qui arriva cinqcens ans avant celle de Rome : d’autres en placent la fondation fousla XXIV Olympiade, 684avant J. C. Eile étoit fituée dans une fortbelle Ille de la Propontide, que deux grands ponts joignoient à laTerre-Ferme. Alexandre le Grand avoit fait bâtir ces deux ponts.L’Ifle étoit nommée ArBor.nefos , l Ifle des Ours. Strabon dit feule-ment qu’une montagne voiûne fut nommée Arclôn oros , le Mont desOurs. On ne voyoit rien de plus magnifique que les tours & les bâ-timens de Cyzique, qui étoient prefque tous de marbre. Elleavoit trois grands Arfenaux ou magazins, toujours entretenus avecfoin, & fournis abondamment de tout ce qui pouvoir être néceflàireà la confervation de lès Habitans. Cette ville, après avoir longtemscombattu pour fi liberté, la perdit par l’extrême paflion qu’elle fitparoître pour la conferver. Ne pouvant fouffrir l’infolence de cer-tains Citoyens Romains, elle en mit quelques uns aux fers, & enfit fouetter d’autres, ce qui lui attira l'indignation d’Augufte, qui lapriva de fa liberté ; mais ce Prince fe Iaiflà enfin fléchir par les priè-res des Cyziciens qui lui avoient cqnfacré un temple. & les remitdans leur premier état. Ce fut dans cette ville que l’Empereur Sé-vère fit mourir Pefcennius Niger, qui s’étoit révolté contre lui enEgypte. De tous les avantages quelle a poffédez, il ne lui refteque celui de fa fituation. Elle eft jointe à la Terre-Ferme par unïfthme qui s y eft formé du débris de ces deux grands ponts qu’el-le avoit autrefois. Parmi les ruines de cette grande ville on voit,fur une agréable colline, un fort bel Amphithéâtre de figure ovale,capable de contenir plus de douze mille perfonnes. Cyzique a étémétropolitaine fous le Patriarche de Conftantinople. Aujourd’huielle eft encore renommée par une petite ifle fituée vis à vis de fesruines, d’où l’on tire du marbre appellé de Cyzique. * Thucydi-de, 1 . 8 . Pinet, Cofmogr. Frelot, Voyage de Conflantinople. Thom.Corneille, DiB. Geogr. J c

C Y Z I QJJ E (Cyzicus) Roi de la prefqu’ifle de la Proponti-de. traita magnifiquement les Argonautes, qui abordèrent fur festerres en allant à la conquête de la Toifon d’Or. Ces Héros étantparus & ayant vogué un jour entier, furent repouflèz de nuit fur lacote de la prefqu’ifle, par un coup de tempête. Cyzique croyantque ce luttent des ennemis, ou des Pirates, & les voulant empê-

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cher de prendre terre, fut tué dans le combat. Jafon le reconnutle lendemain parmi les Morts, & lui fit de fuperbes funérailles. * Hy«gin, Patte 16.

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* ZACKENTHURN, fortereflè d’Efclavonie ouvj félon d’autres de Stirie, fur la rive gauche de la Drave, eftau fud-eft de Gracz ou Gratz, dont elle eft éloignée d’environ fei»ze lieues.

C Z A R, c’eft à dire, Roi, nom que les Ruflès donnent en leurLangue à leur Souverain, que jufqu’à Pierre le Grand on a appelléGrand Duc de Mofccvie. Becman ne doute point, qu’ils n’ayent tiréce nom de celui de Céfir ; parce que les autres peuples de l’Euro-pe appelloient ainfi celui qui étoit élu Empereur. Audi ont-ilspris l’aigle de l’Empire Allemand avec le nom de Céfir, pour l’a-joûter avec leurs armes. Néanmoins ils font diftinétion entre lesnoni de Czar & de Kéfar, comme on le peut voir dans tous leurs li-vres, le premier étant pris pour le nom de Roi & l’autre ! pour le nomd’ Empereur. Le premier qui prit le titre de Czar fut Bafile fils deJean Bafilide, lequel environ l’an 1470, commença à faire parlerde la puiflànce des Mofcovites. * Voyez, MOSCOVIE.

*CZARITZIN, ville de Mofcovie ou de la Grande Rulfie,dans le Royaume d’Aftracan, fur la rive gauche du Wolga, envi-ron deux lieues au deflits d’une petite rivière qui porte aufli le nomde Czaritzin. Elle eft entre le 49 & le 50 degré de latitude, à petlprès au nord-oueli d’Aftracan, dont elle eft éloignée de 75 à 80lieues. * M. Delifle, Carte de la partie occiaentale de la Mofcovie.

CZ ARN ANI WE RT 1 . Voyez. CURIOROWICiZ A.

* CZARNIECKY (Etienne) Vaivode de Kiovie, Géné-ral Polonois dans le fiécle paffé, donna fous les Rois Vladillas IV& Jean-Cafimir, d’infignes preuves de fa valeur contre les Mofcovi-tes, les Suédois, les Tranfylvains, les Turcs, les Tartares & lesCofiques. Il mourut vers l'an 1670. * Gr. DiB. Univ. Holl. Lau-renzoCraflo, Elog.de’Capit. Illuftri, p. 391. Puffendorf, de Rebusgeftis Carolt Guftavi & Prederici Wilbelmi.

CZARNOGOR. Voyez. CZORNOGOR:

* CZARNOGRODKA, ville de Pologne dans la Baf-fe Volhinie, appellée autrement le Palatinat de Kiovie. Elle eftfur la rivière d’Irpien, au fud-fud-oueft de Kiow, dont elle eftéloignée d'onze à douze lieues. * M. Delifle, Carte de Pologne.

CZARNOV A. Voyez, Z A R N A W.

* CZARTORYSKY, nom d’une famille de Princes enPologne tire fon origine des Ducs de Wolodimir en Ruflie. C’eftde cette famille que defcend Cafimir Fiorien qui en 1673, étoitArchevêque de Gnefne & Primat du Royaume. * Gr. DiB. Univ.Holl. Paprock, Nid, Virt. Stricov.p. 180. Cromer, hijl. Pol. I. 9./. 126.

C Z A S L A W, ville de Bohême, & une des Préfectures dupais, renferme Guttemberg & quelques autres bourgs. Elle eft af-fez grande & bien peuplée, & eft fituée fur un ruifffeau dit Crudimk.C’eft en cette ville qu’eft enterré le célébré Jean Zifca, Chef desHuflites. * Sanfon. Baudrand.

C Z C H R Y N. Voyez C Z E'R I M.

CZE'BRIN ou CZE'CHRIN. Voyez CZE'CHRIN.

C ZE'B R Y N, ville de la Balle Volhinie, fur la rivière deTafmin. Voyez C Z E' RI M.

* CZE'CHRIN, ville du Palatinat de Kiovie en Pologne eftfituée fur la rivière de Sula au nord du Nieper ou Boryfthéne. Ei-le eft à l’eft fud eft de Czyrcaflÿ dont elle eft éloignée d’environonze lieues.

C Z E' C H U S. On dit qu’il fut le premier Duc de Bohême.Les Hiftoriens rapportent que c’étoit un Prince Efclavon qui fàifoitfa demeure ordinaire dans le château de Krapina en Croatie. Ilavoit encore deux frères Léchus & Ruflùs. Czéchus ayant tué Au-réolus Préfet Romain, fe fauva & lè retira en Bohême avec un grandnombre de perfonnes, qui peut-être aufli avoient eu part à la mortd’Aureolus. Czéchus fe détermina plutôt pour la Bohême quepour un autre pais, parce qu’un nombre confidérable d’EfcIavonss’y étoient retirez, & que ceux-ci l’y appelloient. La Bohême étoitalors prefque déferte par la pelle & par la guerre. Czéchus la re-peupla & s'érigea en Prince de ce païs. On afsûre que fonfrére Léchusen fit autant en Pologne, & Ruffus en Ruflie. Les Ecrivains nom-ment la première réfidence de Czéchus Zrzip, que l’on croit êtrele Georgenberg d’aujourd'hui, qui eft fituée entre l’Elbe, l'Eger & laMulda. Mais tout ceci eft fort incertain, puisqu’on manque d’an-ciens Hiftoriens à cet égard, & que les Modernes ne s’accordentnullement là-deflùs. Balbin allègue un paflàge de Suidas, où il eftdit que les Efdavons paflërent de l’Ulyrie en Bohême, longtemsaprès que les Marcomans eurent occupé le Norique. Les Hiftoriensfont de différens fentimen» fur l’arrivée de Czéchus en Bohême :les uns la placent à l’an 278, les autres à l’an 31/, d’autres à l’an400, d’autres à l’an 500, & Hagécius à l’an 644. Il y a beaucoupde vraifemblance qu’on doit placer cette révolution au tems d’Atti-la, qui avoit un grand nombre d’EfcIavons avec lui & qui vivoitvers le milieu du cinquième fiécle. Balbin réfuté amplement uncertain Auteur, quicroyoit qu’il n’y avoit jamais eu de Czéchus ni deLéchus ; mais que fous le nom corrompu de Czéchus il faut enten-dre Neclanus, Duc de Bohême qui régnoit vers l’an 814: il ajouteque les Bohémiens d’aujourd’hui ne fortent pas de la Daîmatie, maisde Dalemincie en Milnie. * Petr. Codicill. de Czéchi adventu.Stransky, inRepubl.Bohem. Boreghs, Bcthrn. Hifl. Æneas Sylvius.Hifl.Bohem. Balbin, Epit. I. 1 . c. 10. p. 68. & [aiv.Mifcell. Dec. I.2. c. 6. jufqu’à la fin.

C Z E'G RI N. Voyez C Z E'C H RI N.

* CZEIZELMAUR, village ou bourg de l’Archiducbéd’Autriche en Allemagne. Ce lieu qui eft l’ancienne Cetium, vil-le du Norique, eft ûtué fur le Danube à l’embouchure de la ri-vière