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* CHELSEY, beau & grand village d’Angleterre dans le
Comté de Middlefex, à une lieue de Londres, fur la Tamife, eftrecommandable par l'Hôtel des Invalides appellé ChelfeyCollege.C'eft un grand & fuperbe édifice , bâti par le Roi Charles II, pourl’entretien des Soldats ou Matelots eftropiez, réparé & augmentépar le Roi Guillaume III. La fituation en eft tout à fait agréable,les appartemens en font fort bien difpofez , & l’on y jouît d'unefort belle vue. Cinq cens Invalides qu’on y entretient, mangent àplufieurs tables dans une grande falle où l'on voit le portrait du Fon-dateur. A l’entrée de cet Hôtel, on lit fur le frontifpice cetteinfcription, In fubftdium fe levamen emeritorum fenio belloque fraBo‘rum condidit Carolus fecundus, auxit Jacobus fecundus, perfecere Guiliel-mus fe Maria Rex fe Regina. Au milieu de la Cour on a élevé unebelle ftatue de Bronze à Charles IL Derrière le logis on trouve ungrand jardin fort bien entretenu , & à quelque diftance de là, unbeau jardin de Amples pour l’ufage des Médecins. * Beeverell,Délices d'Angleterre, p. 853 834.
* CHELVAouXELVA, petite ville d’Efpagne dans leRoyaume de Valence, fur le Guadalaviar. Elle eft au nord-oueftde Valence, dont elle eft éloignéé de treize à quatorze lieues.
* CHÉLUB ou KÉLUB, fils d’Hezri Ifraëlite, com-mis fur le labourage du tems du Roi David. * I. Cbron. ou Para-lip. ch. 27. v. 26.
CHELVET, c’eft à dire, retirez, vous, faites place. Oncrie ce mot dans le Serrail, lorsque le Grand Seigneur a témoignéqu'il veut aller au jardin des filles. A ce cri tout le monde fe retire,ëc les Eunuques occupent toutes les avenues. Il y va de la vie ence tems-là, d’approcher des murailles de ce jardin. * Ricaut, del’Empire Ottoman.
C H É M A G H, petite ville de la Natolie , autrefois épifco-pale, dans la Caramanie méridionale, ou le Béglerbéglic de Chy-pre, aux confins de celui d’Alep , ou de l'Aladulie. * Maty,DiB. Géogr.
CHÉMERAUT (Magdelaine de) native de Poitou, &parente des Dames des Roches, vivoit dans le XVI fiécle. Elleavoit infiniment d'efprit, & a compofé en profe 6c en vers, commenous l’apprenons du P. Hilarion de Colle.
* CHEMILLE, petite ville de France dans l’Anjou, aufud d'Angers, dont elle eft éloignée d’environ fix lieues.
* CHEMINON, village de France, en Champagne avecune Abbaïe conlidérable de l’Ordre de Cîteaux. 11 eft à peu prèsà l’eft de Vitry-le-François, dont il eft éloigné de quatre à cinqlieues.
C H E M M I S, ifle en Egypte, que les peuples de ce paiscroyoient être flotante. On y voyoit un grand temple d'Apollon avecdes palmiers en abondance, & beaucoup d'autres arbres dont quel-ques-uns portoient du fruit, & d'autres ne donnoient que de l'om-bre : ce qu’Hérodote décrit plus au long dans fon Euterpe. Il parleau (fi d’une grande ville de ce nom, dans le pais de Thébes prochede Néa, avec un temple de Perfée, lequel au rapport desCnemmi-tes, leur apparoitfoit quelquefois fortant de terre, & quelquefoisdans le temple. * Hérodote, /. 2. Mêla, l. i.ch.g.
CHEMNITIUS (Martin) naquit à Treuen-Brietzen dansla Vieille Marche de Brandebourg, le neuvième novembre 1522.Son père qui s'appelloit Paul Chemnitz, étoit Fabricant de draps.Martin fut envoyé au Collège à Wittenberg en 1536 ; & fix moisaprès, étant de retour chez fon père, fon frère aîné fut d’avis qu’ilapprit le métier de Tiflèran de drap. Ii y fit de très-petits progrès& ne laiffa pas de fe poulfer en même tems dans les études , jufquesà ce qu'en 1539, Pierre Niéman Sécretaire du Confeil à Magde-bourg, s’intérellâ pour lui, en lui fournillànt dequoi fubfifter à Mag-debourg, afin qu’il y pût fréquenter le Collège. Chemnitius de-meura donc à Magdebourg jufques en 1542, ayant été appellé àKalèe. Il n’y fit pas un longféjour, car en 1543, ilalla à Franc-fort fur l'Oder, pour y continuer fes études. Il y avoit un coufinnommé George Sabinus , qui étoit Profeflèur ; mais faute d’argent ilfe vit bien-tôt obligé de quitter cette ville & d’accepter un pofte deRégent dans l'Ecole de Britzen fur l’Oder. Il y demeura pendant18 mois, au bout defquds le défir de s'avancer dans les Sciences lepouffa à paffer en 1543 à Wittenberg, où il fitconnoiffanceavecMélanchthon. Lorsque la guerre de Smalcalde commença, l’Uni-verlité de Wittenberg fut prelque entièrement difperfée, ce qui fitque Chemnitius réfolut d’aller à Konigsberg, d’autant plus que fonparent Sabinus y avoit auffi été appellé. Il y arriva en 1547, & in-llruifit quelques Gentilshommes Polonois, il fe fit auffi quelquenom par fes prédirions Aftrologiques , & l’année fuivante il obtintune place de Régent à Konigsberg. La même année il prit le degréde Maître ès Arts; le Duc de Pruffeen fit les frais. Comme Sa-binus fit en 1349, un voyage à Wittenberg , Chemnitius l'y accom-pagna , & demanda dans une lettre Gréque adreffée à Mélanchthonqu'il voulût lui communiquer une méthode pour l'étude de laThéologie. Pendant l’abfence de Chemnitius, la pefte attaqua Ko-nigsberg . ce qui l’obligea à renoncer à fon pofte de Régent, & àfaire quelque lêjour à Salfeld ; mais le Duc Albert, dont il s’étoitaquis l'efiime par fes Ecrits Aftrologiques, le nomma fon Biblio-thécaire , ce que Chemnitius accepta & il fe fervit d’une fi belle oc-cafion pour fe pouffer dans les études pendant trois ans, au boutdefquels commença la difpute avec Ofiandre. Chemnitius fut auffidu nombre de ceux qui s'oppoférent à lui, & un jour il argumentad’une manière extraordinairement vive en préfence du Duc. Quel-ques-uns voulurent fe fervirde cette occafion pour débufquer Chem-nitius d’auprès du Duc, mais fon favoir dans l’Aftrologie, l’avoittrop bien mis dans l'efprit du Prince, pour qu’on pût réüflîr contrelui. Les affaires avec Ofiandre devenant cependant plus fâcheufes,Chemnitius demanda fon congé en 1333, & conferva néanmoinsune penfion annuelle. Il alla d’abord auprès de Jean , Markgravede Brandebourg, à qui il étoit déjà connu par fes prédirions Aftro-logiques. Peu de tems après il alla à Wittenberg, & le mit en pen-fion chez Mélanchthon. En 1334, il l'accompagna à l’alTemblée
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des Théologiens à Naumbourg, & commença, à la follicitation deMélanchthon , de faire des leçons fur les Leci communes de celui-ci,ce qu’il fit avec beaucoup d'applaudtffement. Avant qu’il eût finices leçons il fut appellé à Brunswick, où ii fut d’abord Vicaire,enfuite Pafteur, & enfin Sur-Intendant des églilès. II eut diverfesautres vocations fort confidérables qu’il réfuta, aimant mieux fe fi-xer à Brunswick. Lorsque le Concile de Trente fe tint, Chemnt-tius écrivit un Traité contre la Théologie des Jéfuites, qui fut retutépar Andrada : ceci donna occafion à Chemnitius d écrire dans la fui-te fon Examen Concilii Tridentint. Il s’aquit par là une fi haute ré-putation, que Frédéric II, Roi de Danemarc, les Eleéteurs duPalatinat, deSaxe & de Brandebourg & plufieurs autres Puiflàn-ces le confultérent fort fouvent dans les affaires Eccléfiaftiques.Lorsqu'on voulut dreffèr la Formule de Concorde, Chemnitius y tutauffi employé , & affifta en 1367, à l’affemblée deTorgau. Chem-nitius & Selneccérus, eurent enfuite un démêlé avec Jacques An-drea, ce qui porta quelque préjudice à la Formule qu’ils avoientdreff’ée enfemble. Il mourut le huitième avril 1386, après avoirobtenu deux ans auparavant iadémiffîon de fes charges. Voici lestitres des principaux de fes Ouvrages, LociTheologici, quibus PhilippeMelanchthonis Loci Communes perfpicue explicantur ; Examen CmcihiTridentini quadripartite» ; Harmonia Evangelica , que Polycarpe Ly-fer continua & à laquelle Jean Gerhard mit la dernière main ; Deduabus naturis in Chrifto ; Judicium de Centroverfiis quibufdamfuperioretempore circa quofdam ConfeJJïonis articules motis ; Judicium de Calen-dario Gregoriano , fec. On a publié à Francfort une collection desLettres de Chemnitius. * Vita Chemnitii ab ipfo confcripta MS. DeThou, Hift. I. 84. Teiflîer , Eloges des Hommes Savans, tome 3. p.402, fe fuiv. édit, de Hollande 1713. Adami, in Vit. Theol.Germ.Hutterus, in Concordia Concordt. Freherus, inTheatro.
‘CHEMNITIUS ( Chriftian ou Chrétien ) naquit en1613 , le i7janvier à Konigsfeldt. Il étoit fils de Martin Chemni-tius neveu du précédent. En 1637, il commença a enfeigner publi-quement la Langue Hébraïque, &c. & la Philofophie. En 1638,il fut fait Rhéteur du Collège de léna ; en 1643 , Miniftre de Wei-mar; en 1632, Coadjuteur de Jean Major & Profefféur en Théo-logie ; & en 1634 , Miniftre & Surintendant. Quoiqu'on luiadrefsât plufieurs vocations, il ne voulut point quitter lé poltequïloccupoit. Il mourut à léna le troifiéme juin 1666. On a de lui,PraleBiones in Hutteri Compendium ; Brevis infiruBio futuri MinijlriEcclefia ; Differtationes de Bradeflinatione ; De Arbore Scientia boni femali ; De Arbore Vita ; De Tentationibus fpiritualibus ; & plufieursDifputes entre lui & Jean Scheffler qui avoit embrafië la ReligionRomaine.
CHEMNITZ, ville. Voyez. K E M N I T Z.
CHENE ou LE CHENE, fauxbourg de la ville deChalcédoine, où Théophile d’Alexandrie, & plus de trente Pré-lats de fon parti, tinrent l'an 403 , un faux Synode contre faint JeanChryloftome. Cet E*êque y fut cité, pour répondre fur les Chefsd’accufation, que propofoit contre lui Jean fon Diacre, qu’on n'a-voit pas eu de peine à fuborner ; parce que le faint Prélat l’avoitdépolë pour fa mauvaife vie. A la fin Paul Evêque d'Héradée ayantrecueilli les voix , le faint Patriarche fut dépofe & envoyé en exil àPrénefte de Bythinie. Mais un tremblement de terre, qui arrivale lendemain de fon départ, & qui fit tomber une partie de la cham-bre de l’Empereur Arcadius, obligea ce Prince de le rappeller.* Socrate, l. 6. ch. 14. Sozoméne, /.8. ch. 17. 18. Théodoret ,l.$.ch. 34. Baronius, A.C. 403.». n.fefuiv.
‘CHENE (Le) bourg de France en Champagne. Il eft aunord-eft de Rheims, dont il eft éloigné d’environ treize lieues.
CHENE (André du) Géographe & Hiftoricgraphe, naquitau mois de mai 1384, à l’Ifle Bouchard en Touraine. Il fut lequatrième fils de Tannegui du Chêne, Ecuyer , Seigneur de la San-foniére. Il commença fes études à Loudun : après y avoir fait faRhétorique , il vint à Paris, & fit fon cours de Philofophie auCollège de Boncourt fous Jules Céfar Boulanger , grand Philofophede ce tems-là & bon Hiftorien. Du Chêne a été l'un des plus la-vans hommes que nous ayons eu dans le XVII fiécle , pour l'Hi-ftoire, fur tout pour celle du Bas Empire. Il communiquoit aifé-ment fes découvertes, non feulement à fes amis, mais encore àtous ceux qui le confultoient. Plufieurs s’en font fait honneur, fansavoir avoué qu'ils tenoient de lui, ce qu’on eftimoit le plus dansleurs Ouvrages. C'eft auffi l’Auteur qui s’eft le plus attaché auxHiftoires Généalogiques. Il nous adonné celles de plufieurs illu-ftres Maifons, comme on le verra cy-deflous dans la lifte de fesOuvrages. Sur la fin de fa vie , il publia un Ouvrage incomparabledes Auteurs qui ont écrit l’Hiftoire de France, & il y a lujet des’étonner, qu'un particulier ait pu faire une recherche fi conlidéra-ble. Il en fit imprimer en 1633 * e premier volume fous ce titre, SériésAuBorum omnium , qui de Erancorum Hijloria fe Rebus Franchis, tumEcclefiaflicis , tum facularibus, fcripferunt, ab exordio regni Francia ainofira ufque tempora. Il en donna depuis encore trois tomes ; & aprèsfa mort, François du Chêne fon fils, Avocat au Confeil, qui s’é-toit auffi beaucoup appliqué à cette étude, publia le cinquième, fitimprimer l'Hiftoire des Papes, donna celle des Cardinaux, celledes Chanceliers & Gardes des Sceaux, la Vie de l’Abbé Suger,&c. Il eft mort & n’a laiffé que des filles. André du Chêne fonpère, tomba malheureufement d’un chariot, en allant à fa maifonde campagne à Verrière, & en fut écrafé le 30 mai de l'an 1640.Ceux qui ont écrit en Latin , le nomment diverièment Andréas a6)uercu, Chefneus, du Chefneus, & jShiercetanus. Il a lui-mêmequelquefois pris ce dernier nom. Il eft Auteur des Ouvrages fui-vans, Egregiarum feu EleBarum LeBionum fe Antiquitatum liber-, Ja-nuaria Kalenda feu defolennitate anni tam Ethnica quam Chrijliantr, LesFigures myftiques du riche fe précieux Cabinet des Dames ; Satyres deJuvénal, traduites en François avec des Notes; Les Antiquitez. feRecherches de la grandeur fe majefté des Rois de France ; Les Antiquitez.fe Recherches des villes, châteaux fe places remarquables de tbute laFrance , fuivant l’ordre dos huit Parlemens ; Les Contreverfes fe Recher-ches