:
i
• , ’ • . . . . • ' . , ’■)
VOIES PUBLIQUES. 2y5
Après avoir traversé la maçonnerie, chaque chaîne descend jusqu’au ter-rain ; dans cette dernière partie, elle se compose de longues barres , unies pardes boulons et des maillons doubles , comme la portion de chaîne qui sert àsuspendre le pont. Les chaînes de retour se prolongent jusqu’à 7 mit ,5o sousterre ; là , elles traversent d’énormes masses de fer coulé * , de figure quarrée,sous lesquelles elles sont retenues par de forts boulons de fer, d’une formeovale. Le dessus des masses de fer est chargé de pierre et de terre jusqu’au ni-veau de la route. Pour que les chaînes cédassent, il faudrait donc que toutes lespierres et la terre, portées par ces masses métalliques, dans une profondeur dey mit -,5o, fussent arrachées du terrain qui les environne : ce qui ne saurait arriver.
Du côté de l’Angleterre , les larges masses de fer destinées à servir d’arrêtà l’extrémité des chaînes ( au lieu d’être enterrées sous le sol, comme du côtéde l’Ecosse) sont au-dessus du niveau des fondemens de la pile. Elles sontplacées dans une situation presque verticale , et qui correspond avec la direc-tion de l’effort des chaînes. Une arche horizontale, dont les pierres sont en-châssées dans le roc , sert à maintenir ces plaques dans leur vraie position.
Après le capitaine Brown et M. Telford, M. Brunei aconstruit des ponts suspendus j il en a disposé les élémens aveccet esprit de perfectionnement et d’invention, qui caractérisetous ses travaux. En 1823, il a fait fabriquer à Sheffield les piècesen fer de deux ponts destinés pour l’île de Bourbon L’unet l’autre devaient être assez solides pour résister à ces ouragansimpétueux qui déracinent les arbres et engouffrent les vais-seaux , par des coups de vent qui exercent d’énormes pressions,non-seulement dans le sens horizontal, mais dans la directionverticale et, tour-à-tour, de bas en haut et de haut en bas.M. Brunei obtient cette grande résistance ( Voyez PL VII,fig. i, 2) en employant un double système de chaînes : i°. leschaînes supérieures ordinaires ; 2 0 . des chaînes renversées et infé-rieures, réunies aux planchers du pont par des attaches verticalesqui sont, à proprement parler, les suspensoires de ces chaînes
* Ces masses ont i mi!t ',83 de longueur, et i mi:t -,52 de largeur; elles onti3 centimètresd’épaisseur au centre, et seulement 6 centimètres sur les bords.
** Je dois exprimer ici ma reconnaissance envers M. Sganzin, inspecteur général destravaux civils de la marine française , pour la communication qu’il a bien voulu mefaire des beaux plans composés par M. Brunei.
Jtt A