VOIES PUBLIQUES. 2 5g
Si par l’effet incalculable des révolutions qu’éprouvent lesempires, les peuples se demandent, un jour, ce qu’était autre-fois la nouvelle Phénicie, la Tyr occidentale qui couvrait la mer
de ses vaisseaux?. La plupart de ses édifices, dévorés par
un climat destructeur, ne seront plus là pour répondre par lamuette voix des monumens ; mais le pont du Strand subsis-tera , pour redire aux générations les plus reculées : Ici fut uneville riche, industrieuse et puissante. Le voyageur, à celte vue,supposera qu’un grand prince aura voulu, par maintes annéesde travaux, illustrer la lin de son règne, et consacrer la gloirede ses actions par cette imposante structure. Mais, si la tradi-tion lui rapporte que six années ont suffi pour commenceret terminer cet ouvrage, s’il apprend qu’une simple G 8 . demarchands a bâti cette masse digne des Sésostris et des Cé-sars , il admirera plus encore la nation où de semblables en-treprises purent être le fruit des efforts de quelques commer-eans et de quelques propriétaires. Alors, enlin, s’il a réfléchisur les causes de la prospérité des empires, il reconnaîtraqu’un tel peuple dut posséder des lois sages, des institutionspuissantes, et des libertés prudemment garanties : elles sontempreintes dans la grandeur et dans l’utilité des monumensérigés par de simples citoyens.
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CHAPITRE III.
Ponts en fer.
Ils sont très-multipliés dans la Grande-Bretagne. C’est enAngleterre, et dès 1779, que fut faite la première construc-tion de ce genre, à Coalbrookdale, sur la Séverne. En 1796on exécuta le pont de Sunderland, beaucoup plus hardi par