VOIES PUBLIQUES. 197
l’arbre d’où se ramifient presque toutes les brancfies de la naviga-tion intérieure de l’Angleterre. C’est Liverpool qui la première(dès 1755) eut l’idée d’ouvrir un tel canal, mais par une di-rection qui ne fut pas suivie. On doit à Brindley la ligne denavigation qui plus tard obtint la préférence ; elle fut adoptée,en 1765, par une association composée des principaux proprié-taires , des fabricans et des négocians du Staffordsbire, dirigéspar l’amiral Anson, et présidés par le marquis de Stafford.
La plupart des associations de ce genre, formées dans laGrande-Bretagne , ont de même eu pour promoteurs et pourdéfenseurs, quelques - uns des membres les plus marquansd’une aristocratie dont le patronage s’étend à tous les tra-vaux d’utilité publique. Les seigneurs qui prennent ainsisous leur protection, quelque projet nouveau, commen-cent par employer, dans la province qui doit en recueillirles fruits, leur active et puissante influence, pour faire ap-prouver ce projet par les habitans les plus notables, et pourdéterminer leurs propres amis, riches et nombreux, à con-tribuer aux dépenses qu’exigera la future entreprise. Ensuite ,afin d’obtenir l’assentiment du pouvoir législatif, ils emploient,dans la chambre des pairs et dans la chambre des communes,leur crédit, celui des membres qui se rattachent à leur vasteclientelle, et souvent même celui de tout le parti politiqueauquel ils appartiennent. Voilà , suivant le vœu que nous avonsexprimé dans l’Introduction, voilà l’utile patronage que nousvoudrions voir instituer par les familles qui, dans notre patrie,ont obtenu quelque autorité sur les esprits, par leur rang, leurstitres, leurs talens et leurs fonctions administratives ou législa-tives. En France, peu de particuliers sont assez riches pourégaler les sacrifices d’un duc de Bridgewater, et pour exécuterà leurs frais de grands travaux publics*, beaucoup d’entre euxpeuvent aider et diriger les associations à créer, ou déjà créées,