VOIES PUBLIQUES. 191
on pierre ; les pleins représentent les arêtes de ces voussoirs.
Les quatre fermes sont liées entre elles et à la pile contre laquelle ellesabuttent, par des plaques rectangulaires en fer coulé, posées d’équerre entreles fermes consécutives ; les côtés verticaux de ces plaques ont des rebordsunis avec les fermes contiguës , par des vis à écrous. Enfin les mêmesplaques, pour être plus légères, sont évidées , dans leur milieu ; elles sontscellées contre les piles, par des chevilles à tète.
Sur l’extrados rectiligne des fermes que nous venons de décrire , on a fixédes feuilles de fer laminé, dont la longueur égale la largeur qu’a le lit du canal.Ces feuilles ont, en-dessus, des rebords verticaux qui se vissent, d’un côté,contre les parois longitudinales de l’aqueduc ; de l’autre côté, ce sont deuxfeuilles consécutives qui se touchent, et dont les rebords sont vissés ensemble.
Les parois longitudinales de l’aqueduc sont faites avec de fortes feuilles defer battu, qui sont taillées non pas en ligne droite , mais suivant le prolon-gement des joints de voussoirs, figurés par les pleins rectilignes des fermesà jour. Les prolongemcns de voussoirs ainsi figurés, au-dessus des fermes ,sont unis consécutivement par des rebords plats vissés à écrou ; leur partieinférieure est pareillement unie à une tablette horizontale dont le bord estprofilé par un filet et par un quart'de rond en creux; le tout adhérent à.laferme extérieure , et lui formant une petite corniche. On a mis un cuir très-fort et très-épais entre toutes les parties de fer, réunies ensuite par des visde pression, dans le dessein d’éviter toute filtration. Ce but est parfaitementatteint ; en effet, bien qu’il y ait déjà plus de quinze ans que le pont-canalest construit, je n’y ai pu voir aucune filtration.
Pour donner à ce système, la force de résister contre la pression de l’eau,les bords qui servent à joindre les voussoirs consécutifs, au-dessus des fermes,sont plus larges en bas qu’en haut ; ce qui leur fait produire le même effetque des contre-forts qui soutiennent un mur.
Le chemin de lialage est un peu au-dessus de la surface de l’eau, dansl’intérieur de l’aqueduc ; il est composé de pièces de bois transversales , po-sées sur des montans également espacés. Une rangée de pièces est adosséecontre l’une des parois de l’aqueduc, l’autre sous le bord du trottoir leplus voisin du milieu du canal. Des longrincs horizontales vont, dans chaquerangée, d’un poteau à l’autre; et sont soutenues encore par des jambes deforce diagonales. Des madriers jointifs horizontaux, réunissent les mêmesmontans , en posant sur les longrines. Enfin du gravier bien compacte, établitsur cette plate-forme , le chemin de halage. L’objet de ce gravier est non seule-ment de préserver le plancher, de la dégradation que produiraient les fers des