FORCE N AVA LE.
Cepenclanl, tous les arsenaux sont loin d’offrir le meine de-gre d’hostilite , de la part des cerberes qui les gardent. C’est äPortsmouth que j’ai trouve le plus d’insolence et de rusticite.C’esl a Sheerness et a Chatham * que j’ai trouve le plus d’egardset de bienveillance, dans les agens subalternes. C’est que tousles etrangers qui veulent prendre une grande idee des arsenaux,ne songent qu’a voir Portsmouth oü les portiers et les gardiensvous traitent comme feraient les laquais d’une grande aubergegratuite. A.Chatham, ä Sheerness, au contraire , oü rarementl’etranger a la curiosite d’aller, on yous recoit avec l’hospita-lite des habitans du desert.
Je suis bien loin d’attribuer aux chefs , un esprit de haine etdes formes d’espionnage qui, rendues trop visibles, degenerenten pueriles et meprisables precautions. Je dois meine direqu’en general, plus les classes auxquelles je m’adressais dansmes voyages, etaient elevees par leur rang, plus je trouvais enelles cet esprit superieur aux craintes pusillanimes, aux jalou-sies, aux haines nationales. C'est surtout dans la classe des der-niers subalternes de certains ports, que je voyais percer a maseule vue , cette antipathie portee, pendant la derniere guerre,jusqu a Fexasperation , contre tous les Francais
Les arsenaux de la marine britannique ont acquis, depuisquelques annees, une importance plus grande que celle dontils ont jamais joui. Autrefois, on construisait tres-peu devaisseaux dans ces etablissemens : on les faisait execuler parentreprise , dans les chantiers du commerce. Mais les inconve-- niens inevitables qui naissent d’un tel Systeme, la mauvaisequalite des matieres employees par les entrepreneurs, et l’im-perleclion de la main-d’ceuvre, ont decide par degres le gou-
* On doit e'galement citer pour leur honnctctc et leur obligeance, les gardiens et leseinployes de l’arsenal de Woolwicli.
+ Voyez liv. vt , ch. i , la re'ception de l’auteur ä la porte de l’arsenal de Portsmouth.