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FORCE NAVALF.
Les Americains penetres de Fimportance cFaugmenter, leplus possible , la distance a laquelle le tir peut devenir avauta-geux , ont arme leurs fregates et les ont manceuvrees d’apresee principe. La victoire, ainsi que nous l’avons dit, liv. u ,ch. 6, a prouve Fexcellence de cette idee.
Nous venons de montrer des circonstances dans lesquellesune fregate pourrait prendre un vaisseau ä deux ponts,, et celui-ci un vaisseau a trois ponts. II ne laut donc jamais qu’un equi-
jugeaut ä cliaqiie fois de la portee generale , et de l’effet de la decbarge. Observons euoutre que (toutes choses e'gales d’ailicurs), jl fallt commencer a tirer sur une escadre , debeaucoup plus loin que sur un bätiment isole' ; parcc que les coups qui se devient a droiteou a gauche , sont perdus dans un combat singulier; tandis que , dans uu combat ge'ne'ral,ils peuvcnt frappcr les bätimens voisins de celui sur lequel on a pointe.
Nous allons citer un passage des observations du capitaine du Regulus et du Formi-dable, qui montrent, dans certains cas, l’extreme iinportance du tir eloigne.
«Au combat de Trafalgar, ou Tennemi venait vent arriere sur la ligne de l’armeecombinee , cliacun sentit la necessite de tirer sur lui de bonne licure, tant pour le degre'erque pour avoir le temps de recbarger avant qu’il dut pre'senter le travers : tnais presquetous les vaisseaux avaient charge a double Charge, dont la portee de but en blanc ne s’e-tend pas loin , et je remarquai que tous les coups tombaient ä moilie chemin , que lesbonlcts ricochaient et allaient mourir ä la flottaison des vaisseaux ennemis sans les cn-dommager. 3’avais fait charger toutes les batteries du vaisseau le Redoulable , avec un seulboulet rond dans chaque piece ; j’ordonnai de commencer le feil sur le vaisseau de l’amiralanglais le Viclory , ä la distance d’environ sept encäblnres, ou t363 metres , et je fispointer au milieu du petit liunier de ce vaisseau , qui nous pre'sentait l’avant : de cetteseule bordöc , il fut de'mate de son mät d’artimon, de son petit mät de lmne et de son grandinat de perroquet. »
On peut admettre qu’il y ait exagerntion dans ce passage ; mais il nc rapporte rien d’im-possible. L’auteur des Regles de poinlage , n’y trouve cependant que des absurdites. Ilest ä craindre que cet ecrivain ne sc soit ici laisse entralner ä trop prouver, et ses objec-tions ne nous semblcnt pas concluantes.
Nous ne pouvons nous refuser ä croire qu’il cüt mieux valu, pour nous, commencerä faire feil sur l’arme'e anglaisc avec un seul boulet dans chaque piece, en tirant avecbeaucoup de sang-froid et d’attention, des que les vaisseaux ennemis les plus avancesseraient parvenus a la distance oü l’on pouvait avoir quelquc probabilite' süffisante de lesatteiudre. Yoilä ce que , dans les guerres du siede dernier , nos amiraux ont fait souventavcc succes , et ce que nous devious imiter ä Trafalgar. Nous aurions pu tirer ensuile ädouble ct h triple boulet sur l’ennemi, lorsqu’il se serait trouve tres-voisin de notre ligne.