FORCE NAVALE.
JO
et bien combines, tous les travaux que les marins doivent. exe-cuter, soit pour preparer la force navale liors de la presentede 1’ennemi, soit pour la faire agir en sa presence. Si ces travauxelaient aussi peu nombreux et aussi simples que la plupartdes travaux de Farmet de terre; s’ils avaient ete suivis, etudies ,analyse's , avec autantde conslauce et de talent, ils auraient demeine ete reduits ä des mouvemens elementaires, susceptiblesd’elre executes dans un instant donne, d’apres la simple audi-tion d’un commandement fixe. Des lors il rfy aurait jamais eude retard , ni d’incerlitude dans l’execution des manceuvres.
ä multiplier , k perfectionncr les applications de la Science , aux arts de la marine , on doitfavoriser ces travaux par des secours et les encourager par de nobles recompenses. Mais,cn regardant ces succes comme des exceptions, il ne faut jamais exiger de la masse desoliieiers , plus de theorie cju’il n’est raisonnable d’esperer que des howmes ordiuaircs puis-sent eu acquerir d’une maniere utile.
On devrait surlout encourager et recompenser les travaux des hommes qni, doue's d unesprit lumineux , savent pre'scntcr les verile's les plus abstraites sous des formes qui lesrendent facilcs k comprendre; et savent, au moyen de simpliflealions iugenieuses, rendreelementaires et rapides des operations et des calculs ardus et compliques. Ces hommessont les vrais bienfaiteurs des arts maritimes; eux setils y popularisent le savoir. Ils föntp’us pour les progres de la force navale en action , qne des genies capables de tout appro-foudir ; et pourtant incapables d’exposer les verites qu’ils decouvrent , de maniere ~ä lesrendre intelligibles pour les esprits ordinaires.
Il faut d’ailleurs accorder ä la pure pratique toute l’estime qu’elle est eu droit d’obtcnir.Mais la pratique peut dilfe'rer beaucoup d’elle-meine. Elle peut n’etre que la repe'titionirrellechie de ce qui s’est fait ante'rieurement : alors eile prend le nom de routine. Ellepeut etre la re'pelition raisonnee des travaux et des cxercices , re'pe'tition somnisc ä l’cxa-men attentif d’observateurs toujours nouveaux et qui tous redoubleut d'elforts , pour fairecxccuter chacune des parties d’uue ope'ration donne'e , dans le moins de temps , avec lemoins de bras, et dans le plus grand ordre possible.
Des excroiccs d’e'preuve , executes dans cet esprit , par des ofliciers d’un talent supe'-rienr, sont de veritables experiences qui, dirigees par le raisonnement, aide'cs par l’obser-vation, eclaire’es par le calcul, ne tardent pas k devenir des modeles. Ces modeles erigescn reglcmens iuviolables , doivent servir ensuite ä la masse des hommes ordinaires, char-ges d’cxeeuter les memes operations dans une foule de cireonstances qui laissent ä peinele temps de la rc'llexion. Il faut, en effet, qne les hommes n’aient plus alors qu’ä travaillcrde memoire et presque d’habitude.