ETIJDES ET TRAVAUX. 5
qui puisse, avec avantage , lütter contre les forces de toutesles puissances maritimes coalisees *.
En traitant de la force militaire, nous avons souvent observeles effets et les causes de Faversion, manifestee par le peupleanglais, contre les armees de terre, qu’il a, toujours , regardeescomme le fleau de la liberte des nations. Mais la force navale ,uniquement creee pour la defense exterieure , ne peut riencontre les citoyens, et peut beaucoup pour la forlune memedes marins. Cette seule difference en produit une foule d’autresdans l influence morale exercee, par la marine, sur les espritsde la nation britannique.
L’avancement dans cette arme etant gratuit pour tous lesgrades , 1’liomme poussepar son talent et sa vaillance n’a rienqui puisse l’arreter dans sa carriere. II n’est pas condamne alanguir eternellement jxarmi les sous-ofliciers ou les officierssubalternes, comme le Soldat de fortune qui rfa d’autres moyenspecuniaires que sa miserable sokle. D’ailleurs les capturesoffrent a Foflicier de marine, une juste esperance d’acquerirune fortuue independante. Les parls de prises sont enormespour les grades superieurs. Par-lä, ces grades sont l’objet d’uneemulation generale, non pas seulement pour les honneurs et lepouvoir qu’ils conferent, mais aussi pour l’opulence qu ilssemblent assurer indubitablement.
D’apres ces motifs, le Service de Farmee navale est prefere,de beaucoup , au Service de Farmee de terre, par toutes lesclasses de la societe. 33ans les classes iuferieures, on trouvera dixindividus qui s’offriront pour entrer dans le corps des royal-
* Le passagc suivant peint bien l’opiniou des Anglais a cet e'gaid : « C’est seulement paroccasion que nous devons etre soldats , et dans ccs rares occurences, 1’etre avec reserve.Comme les autres animaux amphibies , nous devons parfois aller a terre ; mais la mer estplutot notre ele'ment , et c’est sur eile que , comme eux , nous trouvons nolre force laplus grande. » Quartely review , n°. x , p. /jo3. Hist, de la guerre entre la Franceet VAngleterre.