COTES ET PORTS. a55
vres et du combustible *, pour ses habitans, ses manufactureset ses vaisseaux. Elle est plus avantageusement située qu’aucunautre grand port d’Angleterre et d’Ecosse , pour trafiquer avecl’Amérique ; elle est en face de l’Irlande, et presque à l’em-bouchure de la Séverne, au confluent de la Froom et de l’A-von ; elle est unie avec le centre de l’Angleterre, avec lesgrands ports de Londres, de Hull et de Liverpool, avec lesvilles manufacturières de Birmingham , de Manchester, etc.,par le beau système de canalisation que nous avons expliquédans le volume précédent : telles sont les sources de son opu-lence commerciale.
Cette opulence a long-temps rendu fameuses les foii’es deBristol, qui, même aujourd’hui, sont encore lâches et très-fré-quentées 5 j’ai surtout été frappé de la multitude d’habitans despays d’alentour, qui se rassemblent pour prendre part aux af-faires et aux plaisirs de ces réunions périodiques
C’est à Bristol que naquit Jean Cabot, ainsi que ses troisfils , Louis , Sanctius , et Sébastien qui découvrit Newfound-land,en 1727, et, bientôt après, plusieurs autres parties del’Amérique septentrionale. En i 556 , Sébastien Cabot fit con-firmer par Elisabeth l’institution de la Compagnie des Mar-chands Aventuriers, dont il fut le premier gouverneur ***.
Remarquons , en passant, les armes de Bristol, qui devraientêtre celles de tout port marchand : c’est un navire et uneforteresse, avec ces mots pour devise : Virtute et industriel.
* De vastes bancs de charbon, exploités auprès de la ville, s’étendent jusque sous sesrues; elle est environnée de carrières d’où l’on lire une belle pierre à bâtir, et de lapierre à chaux d’une excellente qualité.
** La principale, et celle que j’ai vue, se tient en septembre ; l’autre se tient en mars.
*** Cette C ,c . fut fondée sous Edouard VI; déchue maintenant de ses privilèges, ellen’est plus qu’une association de bienfaisance. Les terres quelle possède produisent prèsde 80,000 francs par année; cette somme est consacrée à secourir des matelots mar-chands , devenus invalides, ainsi qu’à promouvoir le commerce et l’industrie par des prixet des récompenses.
1