234 FORCE COMMERCIALE,
bouchure de ce fleuve et celle de la Dée ; cette dernière em-bouchure est plus difficile encore à franchir que la première,à cause du barrage qui l’obstrue. La navigation de la Dée pré-sentait de grands obstacles naturels ; mais on a beaucoup amé-lioré son cours, en le resserrant entre de solides chaussées,dans une longueur qui surpasse seize kilomètres. A présentdes navires de 3oo tonneaux remontent jusqu’à Cbester *, oùfinit la navigation maritime et fluviale.
C lies lcr ^ capitale du comté dont elle porte le nom, possède19,949 habitans, et 62 navires mesurant 45°7 I tonneaux. C’é-tait autrefois un des plus riches ports marchands de la coteoccidentale de l’Angleterre. Elle faisait surtout un commerceactif avec l’Irlande ; elle en recevait des toiles et des produitsagricoles , pour les échanger avec tous les produits d’industrieque fabrique l’Angleterre et qui manquent à l’Irlande. La plusgrande partie de ce commerce se fait aujourd’hui par Liverpool.
Chester est bâtie sur une éminence, au milieu d’une con-trée magnifique. Vers le sud, la Dée contourne ses antiquesremparts. Au delà de ce fleuve, une rangée de collines , s’élèveen amphithéâtre, jusqu’aux plus hautes montagnes du Paysde Galles. Dans cet immense tableau, la végétation la plusriche et la plus variée, ajoute la gi’âce à la majesté des aspects.
Le nom même de Chester annonce un ancien camp ( cas-trum ), ou station militaire des Romains. Les deux rues prin-cipales , qui se croisent à angle droit sur le sommet du montoù la ville est bâtie , étaient jadis les voies principales ducamp. Elles sont creusées dans une pierre tendre, et pré-sentent de longs encaissemens, où l’on voit : au rez-de-chaussée , un rang de boutiques ; au-dessus, un portique à jour*
* Les navires s’arrêtent au pont jeté sur le fleuve. Ce pont, fort-ancien , fort-irrégu-lier, est obstrué par des moulins , vers la rive droite; tandis qu’un barrage masque, enamont, les arclies voisines de la rive gauche.