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6,3 (1824)
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218
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218 FORCE COMMERCIALE.

Je vais maintenant parler des différentes machines qui mont semblé mériterlattention de lobservateur.

Près des bureaux de la Douane et de lExcise , il y a de petits chariotsmontés sur quatre roulettes en fer; leur caisse, fermée par un couvercle à dosbrisé , comme les caissons dartillerie, contient un assortiment de poids. Lors-quon veut faire quelque pesée le long des quais , en face clun navire , on traînele chariot, à main dhommes ou avec un cheval ; on transporte également une(lièvre et des plateaux de balance. Par ce moyen , on ne fait pas parcourir unseul mètre, en pure perle, aux cargaisons quon embarque ou quon débarque.

Jai remarqué , dans les chantiers de construction de Liverpool, des trique-balles extrêmement avantageux. Us ont un essieu , deux roues et deux bran-cards. Au-dessus de lessieu, lon a fixé, sur deux mon tans , un cylindre hori-zontal autour duquel senveloppe une chaîne dont le bout libre porte deux crocssemblables aux deux pinces dune tenaille. Quand on veut se servir du tri-queballe pour transporter une pièce de bois qui se trouve dans une pile , unouvrier/fait, avec un marteau , mordre sur le bout de la pièce les deux pincesde la tenaille; le conducteur fouette son cheval et dégage la pièce de la pile.Ensuite il sarrête, vire avec un levier le cylindre horizontal toujours con-tenu par un cliquet; il soulève ainsi le bout antérieur de la pièce : lautrebout reposant sur terre, le méchanisme du triqucballe na plus que la moitiédu poids à soulever. Ces préparatifs achevés , le voiturier conduit son tri-queballe à lendroit cjui lui est désigné. Dans les arsenaux de la marine, unsemblable appareil serait excellent pour le transport des bois droits ou peucourbés , tels que des quilles. des étambots, des plançons, des varanguesplates, des jas dancre, etc. Larchitecture civile peut se servir dun pareiltriqueballe, avec non moins davantage.

Les Anglais font également usage de nos triqueballes; ils les emploient,comme nous , à transporter des pièces fortement courbées. Jai vu des mâtstrès-gros et très-longs, portés par deux triqueballes ; celui davant ayant saflèche tirée par des chevaux, celui darrière ayant sa flèche tournée vers larrière;cette flèche , qui sert de gouvernail, est manoeuvrée par des hommes.

Les très-grandes roues des triqueballes anglais sont fortifiées par deux cerclesplats et concentriques, fixés sur les rais, entre les jantes et le moyeu. Les plansde ces roues , au lieu dêtre parallèles entreux , sont inclinés ; ils se rappro-chent vers le bas , suivant le système général des voitures anglaises.

Lorsquon veut retourner des bois, dans un chantier, on se sert dun moyennord quaucun point de la France, cela prouve que nous pourrions sans craindre leffetdésastreux de la pluie ou de la neige durant lhyver, abaisser nos toits gothiques et dispen-dieux, et nous rapproc ;er à cet égard des belles proportions de larchitecture grecque.