2o| FORCE COMMERCIALE.
Sheffield, des Birmingham , élèvent leur mille fabriques, surles cours d’eau dirigés par la nature ou par l’industrie , vers ceport dont vous désirez l’opulence et la splendeur. Bientôt lesbesoins de l’aisance et du luxe, enfantés par la ricbesse, ap-pelleront les importations abondantes. En même temps, vosproduits nombreux , créés pour tous les goûts, appropriés àtoutes les fortunes , et conduits à peu de frais dans l’entrepôtmaritime, offriront à l’étranger, des objets d’échange aussivariés qu’avantageux. Il apprendra la route d’un tel marché;lui-même , enlin , mettra sou industrie à seconder vos efforts,pour multiplier ses bénéfices par les vôtres ; car telle est laréciprocité des bienfaits du commerce. »
Quels travaux ont préparé , fécondé les germes de la pro-spérité surprenante de Liverpool ? — Déjà nous avons expliquéle beau système de navigation intérieure, dont ce port est ledébouché, pour la côte occidentale de l’Angleterre ; il nousreste à décrire les ouvrages mêmes du port et de la cité *.
Dès le règne d’Elisabeth, on construisit, en avant de la villeet sur le bord de la Mersey, un môle à l’abri duquel les vais-seaux pussent hyverner eu sûreté.
En 1710,011 commença le premier Dock que l’Angleterre aiteu pour tenir à ilôt ses navires. C’est en effet à Liverpool quele besoin devait s’en faire sentir le plus vivement. Bristol etLondres , érigées dans l’intérieur des terres et sur les bords defleuves vaseux, pouvaient tenir à flot leurs bâtimens , exposésau libre cours des marées , et même les laisser échouer à bassemer, sans craindre pour la conservation ni pour la sûretéde ces hâ timens. Mais Liverpool étant située presqu’à l’em-bouchure d’une baie large, découverte, exposée à des ventsimpétueux, n’avait pas les mêmes avantages. Il fallut recourir
* J’ai visité deux fois les travaux maritimes de Liverpool, en 1816 et en 1817. M. For-ster, l’habile ingénieur qui les dirige, me les a fait connaître avec beaucoup d’obligeance.