COTES ET POUTS. ao3
La guerre de l’indépendance des Anglo-Américains nuisit,sans doute, au commerce de Liverpool ; mais, la paix unefois rétablie , les États-Unis , qui prirent un grand et rapide ac-croissement de richesse et de population , firent de ce port leurmarché principal, eu Europe. Chaque année, ils y vinrentchercher, pour des sommes prodigieuses, du charbon de terre ,des cotons manufacturés, des poteries, des fers bruts et tra-vaillés , etc. Disons, enfin, qu’un traité de commerce avec lePortugal, donnant à l’Angleterre le monopole du Brésil, Li-verpool obtint la principale part à cet immense avantage.
Voilà par quelle industrie une ville qui ne faisait pas, il y acent ans , la (juavante-deuxieme partie du commerce total del’Angleterre, en fait maintenant la sixième partie; elle a doncsept fois plus prospéré que la masse d’un peuple qui nous
étonne par l’étendue et la rapidité de son progrès général !.
Je n’ai pu, je l’avoue, me refuser au désir de montrer dansun tableau rapide, les efforts variés d’une simple cité, et dessuccès qui toujours ont changé pour elle, les revers delà for-tune , en source de conquêtes encore plus fructueuses.
Certes, il y a loin de cette marche profonde et hardie , à l’es-prit rétréci de ces ports inactifs, qui croient qu’en offrant àl’étranger leurs quais et leurs murailles , francs de droits entout genre, les navires abonderont sur des points où l’indu-strie n’aura pas préparé des débouchés proportionnés à cetteavidité d’importations. L’Angleterre nous donne de gravesleçons, sur le commerce ; elle nous dit par son exemple :« Voulez-vous qu’un port obtienne une longue prospé-rité? Agrandissez, facilitez la navigation continentale, surtout le territoire qui l’environne. Que des Manchester, des
montrait avec orgueil au peintre Fuzéli, les vastes rues et les beaux monumens decette ville toute récente: «Oui, ces édifices me semblent superbes; mais, dit l’artiste sé-vère, je crois voir le sang des nègres filtrer à travers les joints de ces pierres de taille. »