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du canal Calédonien, non loin de l’emboucliure de la Ncss, rivière torren-tueuse , très-considérable et très-rapide, qui roule, sur du sable et des cail-loux, les eaux surabondantes du lac Ness. Il était impossible de rendre cetterivière navigable : il fallut creuser un canal parallèle, à partir du point quenous venons d’indiquer, jusqu’à l’extrémité septentrionale de ce lac.
On voulait d’abord que le canal débouchât, à l’orient, suivant la direc-tion générale de son tracé; mais on aurait dû pour cela conduire les excava-tions , dans une assez grande longueur, à travers un banc de sable et de cail-loux roulés, incapable de retenir les eaux. On a préféré suivre une route unpeu moins directe, tourner davantage vers le nord, côtoyer une colline quis’avance entre le lac Beauley et la baie d’Inverness, puis déboucher près d’unlieu nommé Claclmaliarry.
Pour déboucher ainsi dans le lac Beauley, avec une profondeur d’eausuffisante, on s’est avancé de 366 mètres dans ce lac, en érigeant deux levéesqui forment au canal un lit artificiel. La maçonnerie de la tète de ces le-vées commence à g mil -,i5 au-dessous du niveau des hautes mers.
Les bords du lac Beauley, formés par alluvion, se composent, jusqu’à plusde i5 mètres sous l’eau , d’une argile bleue aussi molle que de la vase : ellerecouvre une argile blanchâtre et plus consistante , semblable à celle qui con-stitue la base de la colline voisine , côtoyée par le canal. Sans faire aucuneexcavation, l’on versa sur ce fond mobile, suivant la direction projetée desdeux levées du canal, i°. de l’argile extraite de celte colline ; 2 °. des pierresperdues et des clapins. En peu de temps cette niasse, par l'effet de son poids ,s’affaissa de 3 mit ,35. On employa le même moyen pour consolider le sol surlequel on devait bâtir l’écluse d’entrée du canal, ce qui présentait plus d’éco-nomie et même plus de stabilité qu’un pilotis. Le remblai préparé de la sorteet plus élevé qu’il 11 e devait l’être, on y creusa comme dans un sol naturel, lesfondemens de l’écluse d’entrée. Le sol artificiel était devenu si compacte, parl’effet du tassement, qu’on poussa l’excavation à une profondeur considérable ,avant que les filtrations nécessitassent l’emploi des machines d’épuisement.O 11 enfonçait aisément des pilots dans ce sol factice; mais, après un peu detemps, il n’était plus possible de les retirer , ni de les enfoncer davantage.
Les fondations ainsi préparées , on posa suivant l'axe longitudinal de l’écluse,une assise en pierres de taille , épaisse de six décimètres , pour supporter la clefde l’arc renversé qui devait s’étendre d’un bord de l’écluse à l’autre. Cettemaçonnerie s’épaissit en.s’éloignant du milieu; elle a trois mètres d’épaisseurverticale, à la naissance des murs latéraux. Ces murs furent bâtis le plus ra-pidement possible, par pans de 5-j mètres de longueur, qu’on élevait jus-qu’à la hauteur du radier (environ de 2 mcl ,4 )■ Ensuite on construisit l'arc