COTES ET PORTS. i3i
Il n’y a de remarquable dans l’ancienne ville , que ses églisesdont plusieurs n’offrent que des débris échappés au marteaudes réformateurs , et le collège du Roi * , qui jadis fut dirigépar le célèbre Boëce. La bibliothèque de ce collège reçoit unexemplaire de tous les ouvrages publiés dans la Grande-Bre-tagne. L’Université d’Aberdeen n’ayant pas, comme celled’Édinburgh, des journaux littéraires et scientifiques, prêts àpropager sa gloire, chez tous les peuples policés, est beaucoupmoins connue 5 cependant elle mérite une haute estime. Lecollège de la nouvelle ville, appelé Collège Maréchal, possèdele meilleur cabinet de physique de toute l’Écosse, avec un ob-servatoire bien monté en instrumens. Ajoutons qu’il y a chezl’habitant, une solide instruction, qui s’étend à toutes les classesde la société
La nouvelle Aberdeen est beaucoup plus florissante que l’an-cienne j de toutes parts, dans son enceinte, l’œil est frappé duspectacle des améliorations et des agrandissemens. Elle est spa-cieuse et bien bâtie \ ses rues principales sont ornées de fontaines \ses ponts et ses édifices, construits la plupart avec du granit,ont une belle apparence. Les travaux du commerce et de lamarine, vont nous révéler les secrets de cette prospérité.
* L’église de ce college présente une tour quarrée que soutiennent Luit contre-forts ,dans le prolongement des deux extrémités de chaque face: le tout massif. Au-dessus decette solide architecture s’élève, avec son élégance ordinaire, un système à jour, sem-blable à celui des clochers de New-Castle, et de Saint-Gilles, à Edinburgh. Deux ar-ceaux en diagonales, prenant naissance aux quatre angles du sommet de la tour, seréunissent en tiers-point, pour soutenir une tourelle octogone , ornée de huit petitescolonnes détachées , qui portent huit arceaux en plein cintre. Enfin, cette tourelle estsurmontée d’une couronne sculptée en pierre, à huit branches, avec un globe et unecroix au-dessus : c’est la couronne des rois d’Ecosse.
** Dans la relation de mon second voyage ( Mémoires sur la marine et les ponts-et-chaussces de France et d’Angleterre , 8°.), j’ai parlé des beaux instrumens d’optiqueet d’astronomie faits par M. Ramage, marchand du cuir et de sabots; j’aurais dû ajouterque cet ingénieur naturel connaissait bien les raisons de ses opérations méehaniques, etne travaillait nullement en aveugle praticien.