84 FORCE COMMERCIALE.
Rien n’est plus frappant que la vue des deux villes et du pontqui les unit : cette arche majestueuse qui se dessine à jour,dans le ciel, et qui permet à des navires d’un assez fort tonnage,de passer sous sa voûte, leurs voiles de hune déployées, tan-dis que d’énormes chariots sont traînés par des chevaux, sursa route aérienne j un nombre immense de vaisseaux en char-gement ou en déchargement, vers l’une et l’autre rive ; lesarrivages du fleuve, si la marée descend 5 ceux de la mer,si elle monte ; des fabriques variées , établies au bord del’eau ou à mi-côte 5 des routes en fer qui conduisent aux
système de liaisons ingénieusement disposé. Qu’on imagine les quatre côtés d’un rectangleavec ses deux diagonales, auxquelles on donne un certain volume; cet assemblagesera léger et propre à résister dans tous les sens à de grandes pressions. On a fait enfer coulé, de semblables rectangles ayant en longueur la distance de deux fermes dupont. Ensuite, partant de la naissance des deux fermes extrêmes, en amont et en aval ,on a placé un rectangle entre la première ferme et la seconde ; puis, en avançant sur lepont jusqu’au bord de ce rectangle, un second rectangle entre la seconde et la troisièmeferme; puis, en avançant de même, un troisième rectangle entre la troisième et la qua-trième ferme, etc. O11 voit par-là qu’une des diagonales de tous ces rectangles est bout about avec une diagonale précédente et une suivante : ce qui présente deux lignes résis-tantes continues, qui se croisent dans le cintre, d’amont en aval et d’aval en amont.
Après avoir bien consolidé la voûte à jour formant l’arcade du pont , il a fallusonger à la partie qui porte la route. Cette route n’est pas rectiligne : elle est àdos d’âne, dans le sens de la longueur, comme dans le sens de la largeur : entre lespièces de fer longitudinales qui supportent cette route et la voûte à jour, on a placéd’abord , à partir de la culée, quatre cerceaux en fer, qui se touchent consécutivement,et qui sont aussi tangens à la voûte et aux supports longitudinaux immédiats de la route.Depuis le plus petit de ces cercles jusqu’à la clef de la voûte, on a fortifié l’espace quise présente en dessous de la route, par des arcs de cercle adossés deux à deux et ve-nant aboutir, sous un angle plus ou moins approché de l’angle droit, contrôles deuxlignes qui les limitent. Des plaques de fer, recouvrant à la fois chaque cercle et l’extra-dos de la voûte, sont fixées à ces pièces par de solides chevilles à écrous.
Les Cercles consécutifs sont liés, à leurs points de contact, par des traverses de fer allantd’un côté du pont à l’autre. De semblables traverses réunissent également la partie su-périeure des cercles avec les barres longitudinales qui supportent la charpente de la route.
Quelque temps après la construction de ce pont, on a cru devoir le fortifier avec deuxénormes plates-bandes de fer, qui vont de l’angle d’amont d’une culée à l’angle d’avalde l’autre, et sont fixées sur l’extrados du cintre. Ce pont m’a paru dans l’état de con-servation le plus parfait, chose que niaient ses nombreux détracteurs.