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[3] (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

Il y a dans le caractère espagnol quelque chose qui en fait un peupleà part. Dans quel pays a-t-on vu un dévouement pareil à celui des habi-tants de Sagonte et de Numanee? Ces moines, que nous voyons ici fonderun ordre militaire, nont-ils pas trouvé des imitateurs dans ceux quona vus, à Barcelonne, défendre la brèche contre les soldats de Philippe V;dans ceux qui, à Saragosse, résistèrent aux efforts des Français en 1808et 1809?

Don Raymond gouverna lordre quil avait fondé, pendant six ans,jusquà sa mort arrivée en UG5.

Mais après lui, les chevaliers de Calatravâ ne voulurent plus de moinesparmi eux, et ils se donnèrent D. Gardas pour grand maître : ce quicausa un schisme dans lordre, ou, pour mieux dire, les choses se re-mirent alors à leur place. Les moines se donnèrent un nouvel abbé, etse retirèrent à Cirvelos, était mort D. Raymond, laissant Calatrava augrand maître Gardas et à ses chevaliers. Ces derniers demandèrent, lan-née suivante, lapprobation de leur ordre au pape Alexandre III, qui leurenjoignit de suivre la règle que leur avait donnée le chapitre général delordre de Cîteaux, auquel ils appartenaient.

Cette règle les obligeait à dormir sans se déshabiller; à garder le silenceau réfectoire, et leur permettait lusage de la viande trois fois la semaine.Quand ils étaient en voyage, ils devaient être reçus dans les maisons deCîteaux, comme létaient les religieux eux-mêmes; mais les moines de cetordre ne pouvaient recevoir aucun chevalier à la profession religieuse sanslautorisation du grand maître.

Les deux premiers grands maîtres de cet ordre se signalèrent par desexploits brillants contre les Mores, à qui ils enlevèrent plusieurs places,et quils battirent en plusieurs rencontres.

Les rois de Castille et dAragon, pour encourager cette nouvelle milicesi formidable aux infidèles, lui accordèrent à lenvi beaucoup de faveurset de riches connnanderies.

Mais vers la fin du douzième siècle, cet ordre essuya de grandes pertes.En 1193, les Mores renforcés par de puissants secours quils avaientreçus de lAfrique, attaquèrent à Alareos les troupes du roi de Castille,qui avait avec lui les chevaliers de Calatrava et de Saint-Jacques-de-lÉpée,et remportèrent une grande victoire. Presque tous les chevaliers de Cala-trava y périrent. Les infidèles semparèrent de la ville de Calatrava et