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IIISTOlliK UT COSTUMES
frense couverte de neiges pendant les deux tiers de l’année, et située àtrois lieues de toute habitation. L’acte de sa fondation porte qu’elle futfaite in loco horroris et. vaslœ solitudinis t et celte montagne s’appelleAlbrnc ou Aubrac (I).
C’est donc dans ce lieu que le gentilhomme flamand fonda un hôpitalavec une église dédiée à la Sainte-Vierge (2). Il voulut qu’il ne manquâtrien à cet établissement, et ne recula devant aucune dépense pour qu’illût construit sur une grande échelle. Il trouva des encouragements et dessecours chez les seigneurs, scs voisins, qui s’empressèrent de l’aider dansscs constructions, tant son projet trouvait de sympathie dans toute lacontrée. Parmi les seigneurs dont les libéralités vinrent à son aide, ontrouve des noms historiques el de haute qualité, tels que des roisd’Aragon (5), des sires d’Armagnac, de Canillac, de Roquelaure, d’Es-taing, des comtes de Toulouse cl de Comminge, etc.
Il y avait dans cet hôpital cinq sortes de personnes : des prêtrespour le service de l’église et l’administration des sacrements; des cheva-liers pour escorter les pèlerins qui passaient par là, les défendre contreles voleurs et veiller à la sûreté de l’établissement; des frères, tant clercsque laïques, pour le service intérieur; des donnés pour la culture desterres et l’entretien des bâtiments; et des dames de qualité, qui demeu-
(1) Un dictionnaire géographique, à l'article Aubrac , porte qu’il y avait là une abbayed'auguslins. Il veut dire une abbaye de chanoines r guliers de l'ordre de Saint-Augustin. Carle nom d'auguslins désignait exclusTement les ermites de Saint-Augustin, dont les maisonsétaient des couvents et non des abbayes.
(2) Nous avons remarqué, au chapitre des prémontres, que la France était autrefois uncentre vers lequel gravitaient, dans les pays voisins, les personnages qui se sentaient inspirésà fonder des établissements pieux. Nous avons depuis parlé d’une princesse d’Épinoy, qui étaitvenue d’elle-même de la Belgique ériger un superbe hospice à Baugé. Nous nous occuponsencore, en ce moment, d’un homme de bien, venu du même pays, pour fonder un établisse-ment pareil dans le midi de la France.
Toutes ces fondations ont disparu en 1790. l.a révolution a chassé sans pitié tous ces reli-gieux et dévoré leurs possessions. Faut il que nous ayons vu une époque où l’on ail pu direà tout étranger qui aurait voulu venir faire en France une fondation religieuse, ce que ditl’olvdore à Ënée qui se croyait en sûreté dans un pays inhospitalier :
« lieu fuge crudeles terras, fuge littus avarum ! »
Ené,(le, L. III, v. 4-t.
(3) A celle époque, les rois d’Aragon avaient des possessions au nord des Pyrénées, dans laFrance d’aujourd'hui.