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[3] (1845)
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DES ORDRES RELIGIEUX MILITAIRES. 2o

lordre, qui fut obligé de signer, en 14GG, une paix honteuse et daban-donner aux Polonais la Poméranie, avec quatre villes importantes, parmilesquelles étaient Elbing et Marienbourg.

Le grand maître Waltber de Pleltemberg eut une nouvelle guerre àsoutenir contre les Moscovites, qui vinrent lattaquer avec une arméeconsidérable, quil eut la gloire de détruire dans une grande bataille.Mais il ne put relever son ordre des pertes quil avait faites par la paixde 14GG. Il mourut en 1498, et eut pour successeur Frédéric, duc deSaxe, et landgrave de Thuringe, qui tenta inutilement de recouvrer lesvilles et pays cédés aux Polonais.

Enfin lordre teutonique eut, en 1510, pour grand maître celui quidevait lanéantir. Cétait Albert de Brandebourg, chanoine de Cologne etneveu de Sigismond, roi de Pologne. 11 offrit à son oncle de se déclarerleudataire de sa couronne, sil consentait à ce que lui-même se regardâtcomme souverain de tous les biens que son ordre possédait en Prusse.Il se fit alors luthérien, se maria, abdiqua sa qualité de grand maître, etchassa tous les chevaliers qui ne voulurent pas suivre son exemple.

Lapostasie dAlbert de Brandebourg fut suivie de la scission deschevaliers de Livonie, qui, depuis trois cents ans, étaient incorporés danslordre teutonique, et ils sen séparèrent. Bientôt aussi ils embrassèrentle luthéranisme, ainsi que larchevêque de Biga, et se marièrent : ainsileur ordre fut éteint.

Lordre teutonique, ainsi mutilé dans son personnel et dans ses pos-sessions, se trouva réduit à des proportions bien exiguës, comparé à cequil était auparavant. Il lui restait quelques domaines dans les contréesque lhérésie navait pas encore infectées. Les chevaliers fidèles se reti-rèrent en Franconie, ils possédaient encore Marienthal et quelquesdistricts voisins. Ils y établirent leur résidence, et se donnèrent un nou-veau grand maître, qui fut Waltber de Cromberg.

Cet ordre, ainsi reconstitué, fut reconnu par le chef de lEmpire et parles autres souverains qui le composaient. Le nouveau grand maître sommainutilement lusurpateur de lui rendre les belles provinces quil avaitconfisquées à son profit sans autre titre que son apostasie; mais quepeuvent contre la force les réclamations du faible (I)? Albert se moqua

(I) Au congrus de Vienne, en 1815, un homme desprit, l'abbé Jarry, chanoine Ircfoncier de