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HISTOIRE ET COSTUMES
Le 8 juin 1798, une flotte française parut devant Malte. « L’ordre cé-» lèbrc, qui régnait dans cette île, était misérablement dispersé et affaibli» depuis la révolution française. La plupart des chevaliers français avaient» regardé comme leur premier devoir de se rallier aux drapeaux des» princes; d’autres combattaient dans la Vendée, dans la Bretagne; plu-» sieurs avaient péri dans les journées de Quibcron. Une funeste sécurité» s’était emparée de la plupart de ceux qui étaient restés à Malte. Plu-» sieurs des chevaliers allemands, italiens ou espagnols, ne condamnaient» qu’avec tiédeur la révolution française, et raillaient pesamment la pré-» voyance inquiète de ceux qui pensaient que cette révolution pourrait» un jour planter son étendard sur le glorieux rocher dont ils étaient» gardiens. L’influence de ce parti insouciant ne s’était que trop fait sentir» l’année précédente; on avait élevé à la fonction de grand maître de» l’ordre de Malle, à cette espèce de souveraineté immortalisée par les» Parisat-Lavalette, par les Villiers del’Isle-Àdam, un homme dont l’esprit» lourd et le caractère apathique eussent été un obstacle à tout bien,
» même dans les temps les plus calmes : c’était Ferdinand de Hompesch.
» Bonaparte lui fit demander, le 21 juin, de recevoir dans le port l’armée» navale française. Une invasion aussi brusque n’avait pas été prévue... La» terreur était la même dans cette île que si elle n’eût pas été défendue» par toutes les fortifications de l’art et de la nature; que si elle n’eût pas» eu près de 7000 hommes et une nombreuse artillerie à opposer à l’at-» laque des Français; enfin que si elle n’eût aucun souvenir de l’immortel» siège soutenu contre toutes les forces du victorieux Soliman. Le 22,» l’armée française prit terre sur huit points différents et n’éprouva qu’une» faible résistance. Un régiment de milice fut désarmé par cent Français;» un autre chassé jusque dans la ville. Le général Yaubois marcha sur la» cité vieille avec une colonne; on lui ouvrit les portes à la première» sommation.
» Malle changea de lois, mais pour ne plus rentrer sous celles de ces» brillants chevaliers qui seuls rappelaient encore les grands souvenirsr. des croisades. Ce grand boulevard élevé contre l’islamisme et contre» les pirateries africaines, disparut en laissant un vide immense dans la» Méditerranée.
» Paul F r conçut la pensée de rétablir l’ordre de Malte, et il se fit don-» lier avec orgueil le titre de grand maître, par de nombreux chevaliers