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HISTOIRE ET COSTUMES
de grandes largesses (1). Ces hospitaliers, dont Tunique occupation avaitété jusqu’alors d’avoir soin des pèlerins, faisaient les trois vœux ordinairesde religion; mais, en MOI-, ils y en ajoutèrent un quatrième, par lequelils s’engageaient à défendre, contre les insultes des Sarrasins, les chrétiensqui visiteraient la terre sainte, et ils prirent, pour symbole, une croix àhuit pointes.
A l’exemple de Godefroi de Bouillon, qui leur avait donné quelquesbiens qu’il avait dans les Pays-Bas, d’autres seigneurs leur firent aussides donations, et les hospitaliers se trouvèrent dans une sorte d’opulence.Leur premier chef, qui était un Provençal nommé Gérard, obtint dupape Pascal une bulle qui leur confirmait la possession des biens qu’onleur avait donnés, et le souverain pontife régla, en même temps, qu’aprèsla mort de Gérard, les hospitaliers choisiraient eux-mêmes leur chef.
A Gérard, mort en 1118, succéda Baymond du Puy, né en Dauphiné:c’est celui qu’on regarde comme le premier grand maître de Tordre.
Jusque-là les hospitaliers n’avaient pas encore eu de règle fixe : Bay-mond leur en donna une. Elle était très-sévère, et se sentait de la duretédes mœurs de cette époque. Le sage législateur voyait bien que, pourmaintenir dans le devoir des religieux qui avaient les armes à la main, ilfallait les soumettre à une législation dure, et leur imposer, pour ainsidire, un joug de fer. Les moindres fautes étaient punies avec la plusgrande rigueur.
Le nouveau grand maître, trouvant que les revenus de son hôpitalsurpassaient de beaucoup les besoins des pèlerins et des malades confiésà ses soins, crut qu’il ne pouvait pas en faire un meilleur usage, qued’employer le surplus à la défense de la terre sainte, et offrit ses services,ainsi que ceux de ses hospitaliers, au roi de Jérusalem.
Parmi ses religieux, il y avait des clercs et des laïques. Il ordonna queles clercs n’auraient d’autres fonctions que celles de chapelains, pour fairel’office et assister les malades; quant aux laïques, ceux qui étaient noblesdevaient porter les armes pour la défense de la foi et la protection despèlerins sur les routes. Ceux qui n’étaient pas nobles devaient aussi porterles armes, sous le nom de frères servants.
(i) Godefroi de Bouillon passe pour le fondateur du chapitre d’Anvers, qu’il composa dedouze chanoines, en parlant pour la croUade.