Druckschrift 
[2] (1845)
Entstehung
Seite
218
Einzelbild herunterladen
 

218 HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.

dans quelques-uns de leurs établissements,des pensionnats très-florissants, ils enseignaient lécriture, larithmétique et toutes les sciences qui for-ment les commerçants. Le peuple leur donnait differents noms. On lesappelait les frères ci grands chapeaux, les frères à barbettes, les petitsfrères, etc. Benoît XIII aprouva cet institut, et Louis XVI leur accorda,par lettres patentes, en 1778, les prérogatives dont jouissaient les autresordres religieux en France.

Ces frères, dispersés pendant la révolution, se sont réunis après la tem-pête, et ont repris leurs pieuses et charitables occupations (1).

Il fut un temps les ennemis de tout ce qui est religieux désignaientles frères de la .Doctrine chrétienne sous le nom burlesque de frères igno-ranlins. On les a laissé dire, et lon a reconnu quaucune autre associa-tion nétait plus propre que celle- pour léducation morale et religieusedes enfants du peuple. Aussi, en dépit de leurs détracteurs, se sont-ilsmultipliés dune manière toute miraculeuse, et il nest presque pasdendroit, en France, ils naient des établissements.

(1) Un autre chanoine de Reims, nommé Godinot, contemporain de labbé De la Salle,voulut aussi se rendre utile à sa patrie. Pendant une vie assez longue, il amassa en silence unegrande fortune, laissant la critique sexercer à son aise sur son compte. C'claü, disait-on , unvieil avare, un vieux janséniste, un Harpagon. Quand il eut fermé les yeux , à quatre-vingt-sept ans, on trouva dans son testament quil léguait une somme considérable pour construire,à Reims, une fontaine publique, qui y manquait. Lopinion publique, cette reine du monde, eutalors à rougir delle-mêmo, et sempressa de réhabiliter la mémoire dun homme quelle avaitsi longtemps calomnié.