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[2] (1845)
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212
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HISTOIRE ET COSTUMES

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passaient deux heures en oraison mentale sur quelque sujet pieux, toujoursà genoux. De ils retournaient à leurs cellules, ils pouvaient se livrerau sommeil jusquà quatre heures et demie ou cinq heures. Alors ils selevaient pour aller aux matines des chanoines, quils entendaient à ge-noux, dans un endroit de léglise qui leur était réservé : ils y restaienttrois heures en tout, pour y assister à la messe et aux heures canoniales,qui suivaient les matines. Ensuite ils retournaient chez eux pour recevoirdu supérieur lordre daller au travail, ou à la quête par la ville, deuxà deux.

Ils avaient coutume aussi daller soigner les malades, les consoler dansleurs maux et les aider à mourir saintement. Us ne possédaient absolu-ment rien, et ils ignoraient souvent le matin sils auraient de quoi dîner.Après le repas, ils retournaient au travail, puis allaient aux vêpres àléglise principale. Us y restaient une ou deux heures, et revenaient poursouper : puis venaient les compiles, qui se récitaient dans loratoire, etétaient suivis dune heure de méditation; après quoi, ils allaient se cou-cher jusquà minuit.

U paraît que lordre des pauvres volontaires est passé de lAllemagnedans les Pays-Bas. Ce qui le ferait croire, cest que Charles le Témérairea demandé pour eux au pape la permission davoir dans leur maison unechapelle avec un clocher, dv pouvoir foire dire la messe, et dy commu-nier, en cas de besoin, sauf toutefois les droits des chanoines.

Pour comprendre le sens de cette clause, il fout savoir quautrefois lechapitre de la cathédrale avait seul le droit de porter les derniers sacre-ments aux malades, et que tout ce qui était nécessaire pour cela restaitdéposé à la cathédrale. Ce monopole a été heureusement aboli, et a faitplace à lusage aujourdhui en vigueur.

Daprès la description que quelques auteurs nous ont donnée de l'habil-lement. des pauvres volontaires en Flandre, il différait de celui des Alle-mands, en ce que les Flamands allaient toujours nu-pieds, sans sandalesni scapulaires, et portaient , dune main un chapelet, et de lautre un grandbâton au bout duquel était un crucifix. Les uns et les autres suivaient larègle de saint Augustin. Leur robe était dun gros drap brun, cl leur têteétait couverte dun capuce. Ils mangeaient toujours en commun.

Aucun monument nindique quil ÿ ait eu de ces religieux à Bruxelles.Il est même étonnant que Charles le Téméraire, dont le règne a été si