HISTOIRE ET COSTUMES
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passaient deux heures en oraison mentale sur quelque sujet pieux, toujoursà genoux. De là ils retournaient à leurs cellules, où ils pouvaient se livrerau sommeil jusqu’à quatre heures et demie ou cinq heures. Alors ils selevaient pour aller aux matines des chanoines, qu’ils entendaient à ge-noux, dans un endroit de l’église qui leur était réservé : ils y restaienttrois heures en tout, pour y assister à la messe et aux heures canoniales,qui suivaient les matines. Ensuite ils retournaient chez eux pour recevoirdu supérieur l’ordre d’aller au travail, ou à la quête par la ville, deuxà deux.
Ils avaient coutume aussi d’aller soigner les malades, les consoler dansleurs maux et les aider à mourir saintement. Us ne possédaient absolu-ment rien, et ils ignoraient souvent le matin s’ils auraient de quoi dîner.Après le repas, ils retournaient au travail, puis allaient aux vêpres àl’église principale. Us y restaient une ou deux heures, et revenaient poursouper : puis venaient les compiles, qui se récitaient dans l’oratoire, etétaient suivis d’une heure de méditation; après quoi, ils allaient se cou-cher jusqu’à minuit.
U paraît que l’ordre des pauvres volontaires est passé de l’Allemagnedans les Pays-Bas. Ce qui le ferait croire, c’est que Charles le Témérairea demandé pour eux au pape la permission d’avoir dans leur maison unechapelle avec un clocher, d’v pouvoir foire dire la messe, et d’y commu-nier, en cas de besoin, sauf toutefois les droits des chanoines.
Pour comprendre le sens de cette clause, il fout savoir qu’autrefois lechapitre de la cathédrale avait seul le droit de porter les derniers sacre-ments aux malades, et que tout ce qui était nécessaire pour cela restaitdéposé à la cathédrale. Ce monopole a été heureusement aboli, et a faitplace à l’usage aujourd’hui en vigueur.
D’après la description que quelques auteurs nous ont donnée de l'habil-lement. des pauvres volontaires en Flandre, il différait de celui des Alle-mands, en ce que les Flamands allaient toujours nu-pieds, sans sandalesni scapulaires, et portaient , d’une main un chapelet, et de l’autre un grandbâton au bout duquel était un crucifix. Les uns et les autres suivaient larègle de saint Augustin. Leur robe était d’un gros drap brun, cl leur têteétait couverte d’un capuce. Ils mangeaient toujours en commun.
Aucun monument n’indique qu’il ÿ ait eu de ces religieux à Bruxelles.Il est même étonnant que Charles le Téméraire, dont le règne a été si