ASSOCIATIONS PIEUSES.
Nous consacrerons ce chapitre à l’historique île plusieurs associationscomposées, la plupart, de pieux laïques que l’amour du bien réunissaitpour travailler en commun à leur propre sanctification, et en même tempsà celle des autres; exerçant en silence les arts mécaniques, les yeux tour-nés vers le ciel, et trouvant encore le moyen de prélever, sur leursalaire, de quoi assister leurs frères malheureux.
Nous commencerons par la plus ancienne de ces associations.
PAUVRES VOLONTAIRES.
L’ordre des pauvres volontaires , éteint depuis longtemps, a pris nais-sance en Allemagne, d’après les documents les plus authentiques. Il n’étaitcomposé que de laïques : aucun prêtre ne pouvait y être admis. Il paraitque c’est vers l’an 1570 que ces religieux ont été institués; mais onignore le nom de leur fondateur. Ce n’était que de simples artisans, quivivaient en communauté, sous l’obéissance d’un supérieur, et qui faisaientles trois vœux ordinaires de religion, c’est-à-dire, d’obéissance, de pau-vreté et de chasteté. Ils ne possédaient rien, et ne vivaient que du travailde leurs mains ou d’aumônes. Chacun travaillait du métier qu’il avaitappris. On trouvait parmi eux des menuisiers, des charpentiers, des for-gerons, etc. Ils furent réformés cent ans après leur institution, et leurrègle devint très-sévère. Voici comment ils passaient la journée.
Ils se levaient en tout temps à minuit pour dire les matines; et commeils ne savaient ni lire ni écrire, ces matines consistaient dans la récitationd’un certain nombre de Pater et d 'Ave, qu’ils disaient à genoux. Ilsne priaient jamais autrement. Ils n’y avait pas même de sièges dansl’oratoire, où ils faisaient leurs prières ordinaires. Après les matines, ils