VILLES nu BON-PASTEUK.
Jésus-Christ se peint lui-même sous la ligure d’un bon berger qui,ayant perdu une de ses brebis, va partout chercher après elle, et l’ayantretrouvée, la ramène en triomphe sur son épaule. 11 dit même que lajoie du retour de sa chère brebis est aussi grande au ciel que celle qu’ony éprouve de la conservation de tout le troupeau.
C’est donc une heureuse dénomination que celle de filles du Bon-Pas-leur, donnée à une congrégation composée de fdles qui s’étaient perduesdans les sentiers du vice, et que le Bon-Pasteur a ramenées au bercail.
Nous avons déjà parlé d’un institut pareil, nommé Nolre-Dcime duBefuge, fondé par M n,c de Ranfrain. Celui dont nous allons nous occuper,fut créé à Paris, et quelle ville renferme plus que cette Babylone, detristes victimes de la corruption, et où il était plus urgent d’y trouverdes remèdes !
Ce qu’il y a de plus singulier, c’est que la femme qui est venue fonderà Paris cet institut de pénitentes, était, comme M“° de Ranfrain, étran-gère à la France; comme si cette France ne pouvait pas trouver dansson sein une femme qui eût la gloire et le talent d’arracher au viceles personnes de son sexe. M mi! de Ranfrain, fondatrice de Notre-Damedu Befuge, était Lorraine, et M rac de Combé, fondatrice des fdles du Bon-Pasteur, était Hollandaise. Niais il est curieux de voir par quel enchaîne-ment de circonstances cette dame, née Hollandaise et calviniste, est venueà Paris avec la mission de travailler à la réforme des mœurs chez lesfemmes.
M mc de Combé naquit à Leyde, en 1656, d’un gentilhomme hollan-dais, nommé Jean de Cyx, dont le père avait perdu sa fortune dans larévolution qui avait enlevé la Hollande à la couronne d’Espagne. Ayanteu occasion de connaître à Leyde un prêtre catholique, qui y exerçait en