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HISTOIRE ET COSTUMES
et celui en particulier de recevoir sans dol les lilles pauvres qui se pré-senteraient. Il ne fallut pas moins qu’une bulle d’Urbain VIII, du 5 juil-let 1642, confirmée par une autre d’innocent X, du 2 avril 1648, pourdécider l’arcbevêque d’Aix à donner l’babit aux douze premières filles quise présentèrent. Madeleine Martin, la supérieure, prit alors le nom desœur Marie-Madeleine de la Trinité, suivant l’usage qui fait changer denom aux personnes qui entrent en religion.
Dix ans s’étaient passés à vaincre toutes ces difficultés. Mais alors lacongrégation étant approuvée par les supérieurs ecclésiastiques, et recon-nue par des lettres patentes de Louis XIII, enregistrées par les parlementsde Paris et d’Àix, l’opinion publique ayant appris le bien qu’elle opérait ,ces religieuses eurent des établissements à Avignon, à Marseille et à Paris,en 1651, faubourg Saint-Germain, rue du Colombier.
C’est dans cette dernière maison que mourut, en 1655, le P. Y van,dont toute la vie avait été une lutte continuelle, d’abord contre la misère,ensuite contre les obstacles sans nombre qu’il avait rencontrés sur saroute, tant il faut quelquefois d’efforts, dans le monde où nous vivons,pour l’exécution d’une bonne pensée!
La mère Marie-Madeleine de la Trinité survécut vingt-cinq ans à sondirecteur, et fit pendant ce temps deux nouveaux établissements, à Arleset à Salon, où mourut le fameux No6tradamus.
Pendant ce quart de siècle, elle éprouva encore bien des traverses,qui, ajoutées à ses souffrances corporelles, lui rendirent l’existence bienpénible. On trouvait qu’elle recevait un trop grand nombre de fillespauvres parmi ses religieuses, ce qui tenait la communauté dans un étatde gêne continuelle. C’est dans son monastère d’Avignon quelle mouruten 1678, après une maladie cruelle dont elle souffrait depuis dix ans.
L’arcbevêque d’Avignon et le vice-légat l’allèrent voir pendant samaladie, et elle reçut d’eux l’assurance de l’estime qu’avait pour elle lepape Innocent XI. Elle rendit l’esprit en donnant sa bénédiction à sesfilles prosternées aux pieds de son lit, et pleurant leur digne fondatrice.Son corps fut exposé dans l’église pendant deux jours à la vénérationpublique, et son oraison funèbre fut prononcée par un P. doctrinaire,en présence de l’arcbevêque d’Avignon et du vice-légat.
Comme le quatrième vœu de ces religieuses leur imposait la loi de nerefuser, pour défaul de fortune, aucune fille de bonne maison et de