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[2] (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

La petite ville de Pcrtuis, dans le comtat dAvignon, offrit à Yvanquelques ressources. 11 se présenta dabord pour sonner les cloches ausacristain de léglise, peignit des images quil vendait aux écoliers, etenseigna à lire aux enfants de quelques gentilshommes, trouvant encore letemps de consulter les peintres du pays pour se perfectionner dans leurart. Cétait la nuit quil travaillait à la peinture, nayant pas dautre tempsà y consacrer.

Dans le désir détudier la philosophie, il sadressa au P. César de Bus,fondateur de la Doctrine chrétienne. Mais le défaut de moyens pécuniaireslempêcha de suivre les cours du collège. Ce nest quà Carpentrasquayant trouvé à entrer comme précepteur chez un particulier, celui-cile mit à même de se présenter, en lui fournissant les habits qui luimanquaient.

De Carpentras il alla à Lyon, il vécut en donnant des leçons décri-ture, mais ayant trouvé cette grande ville dangereuse pour ses mœurs,il retourna en Provence.

Ce fut quil se vit au comble de ses désirs, en recevant les ordressacrés de la main de différents évêq'ues, et enfin la prêtrise de celles delévêque de Fréjus en 1056. Il avait alors trente ans.

Il retourna ensuite au lieu de sa naissance, il retrouva sa mère, vieille,infirme et accablée de misère.

Bientôt il fut nommé à une cure; mais des scrupules de conscience luifirent quitter le ministère, et il alla passer une dizaine dannées dans unermitage, il mena une vie très-mortifiée, et constamment occupédœuvres de dévotion.

éprouvant par nous-mêmes combien est vrai ce verset du psaume 54 : Jacla super Dominumcuram luam, cl ipse te cnulrûl.

Cest ainsi que, à lépoque limpiété régnait en Prance, et que le culte du vrai Dieu y étaitremplacé par celui de la déesse Raison, le clergé français errait de ville en ville par toutelEurope : vie forcément vagabonde! Tel prêtre, qui avait reçu lhospitalité chez un habitantde la Westphalie, se levait un beau matin, et mettant, comme le soldat, son havre-sac surson dos, prenant à la main son bâton blanc, comme le pèlerin qui va entreprendre un longvoyage, il disait adieu à son hôte, en lui annonçant quil parlait pour Rome, comptant chaquejour sur létape de la Providence. ,

.quæqite miserrima vidi ,

Et quorum pars magna fui.

(Enéide, liv. 2.)