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HISTOIRE ET COSTUMES
La petite ville de Pcrtuis, dans le comtat d’Avignon, offrit à Yvanquelques ressources. 11 se présenta d’abord pour sonner les cloches ausacristain de l’église, peignit des images qu’il vendait aux écoliers, etenseigna à lire aux enfants de quelques gentilshommes, trouvant encore letemps de consulter les peintres du pays pour se perfectionner dans leurart. C’était la nuit qu’il travaillait à la peinture, n’ayant pas d’autre tempsà y consacrer.
Dans le désir d’étudier la philosophie, il s’adressa au P. César de Bus,fondateur de la Doctrine chrétienne. Mais le défaut de moyens pécuniairesl’empêcha de suivre les cours du collège. Ce n’est qu’à Carpentrasqu’ayant trouvé à entrer comme précepteur chez un particulier, celui-cile mit à même de se présenter, en lui fournissant les habits qui luimanquaient.
De Carpentras il alla à Lyon, où il vécut en donnant des leçons d’écri-ture, mais ayant trouvé cette grande ville dangereuse pour ses mœurs,il retourna en Provence.
Ce fut là qu’il se vit au comble de ses désirs, en recevant les ordressacrés de la main de différents évêq'ues, et enfin la prêtrise de celles del’évêque de Fréjus en 1056. Il avait alors trente ans.
Il retourna ensuite au lieu de sa naissance, où il retrouva sa mère, vieille,infirme et accablée de misère.
Bientôt il fut nommé à une cure; mais des scrupules de conscience luifirent quitter le ministère, et il alla passer une dizaine d’années dans unermitage, où il mena une vie très-mortifiée, et constamment occupéd’œuvres de dévotion.
éprouvant par nous-mêmes combien est vrai ce verset du psaume 54 : Jacla super Dominumcuram luam, cl ipse te cnulrûl.
C’est ainsi que, à l’époque où l’impiété régnait en P’rance, et que le culte du vrai Dieu y étaitremplacé par celui de la déesse Raison, le clergé français errait de ville en ville par toutel’Europe : vie forcément vagabonde! Tel prêtre, qui avait reçu l’hospitalité chez un habitantde la Westphalie, se levait un beau matin, et mettant, comme le soldat, son havre-sac surson dos, prenant à la main son bâton blanc, comme le pèlerin qui va entreprendre un longvoyage, il disait adieu à son hôte, en lui annonçant qu’il parlait pour Rome, comptant chaquejour sur l’étape de la Providence. ,
.quæqite miserrima vidi ,
Et quorum pars magna fui.
(Enéide, liv. 2.)