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[2] (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES UES ORDRES RELIGIEUX. 157

Plus tard, il obtint une place denfant de chœur dans sa paroisse, etreçut des leçons des prêtres qui la desservaient. Voilà quels furent lescommencements de son éducation.

Quand il fut plus avancé en âge, il alla se présenter pour domestiquedans un couvent de Minimes des environs, et il apprit de lui-même àgraver et à peindre, talent pour lequel il se sentait du goût; et sansmaître, il fit dassez grands progrès dans ces deux arts. Dans les momentsde relâche que lui laissait son service, il gravait, peignait, ou priait Dieu.Les PP. minimes, voyant ses heureuses dispositions, lui donnèrent eux-mêmes des leçons de latin. Malheureusement une famine affreuse vintaffliger la Provence. Le prix exorbitant des denrées obligea plusieursfamilles à renvoyer leurs domestiques pour diminuer leurs dépenses.Les minimes se trouvèrent dans le même cas, et renvoyèrent le pauvreYvan qui se trouva sans ressource. Que faire, sans fortune et sansamis?

Le malheureux jeune homme neut dautre asile quun bois, il passaune douzaine de jours exposé aux intempéries de lair, nayant pournourriture que des herbes et des racines.

Dans cette triste position, il imagina de faire un fagot avec desbranches darbres quil coupa, et de laller vendre à la ville pour avoir dequoi acheter un peu de pain. Le voilà donc en route chargé de son fagot;mais, vu son état de faiblesse, ce fardeau laccablait, et il navait plus laforce davancer. En ce moment, il lève les yeux au ciel, et croit entendredans le bois une voix qui lui dit : « Pauvre garçon, aie confiance en» Dieu; il ne tabandonnera pas. » Cette voix le rassura et lui rendit desforces. Il se sentait soutenu par la Providence (1).

U) Dans le cours de nos malheurs, en 1794 et 179b, alors que des milliers de prêtres fran-çais , chassés de leurs foyers par les barbares sortis des lianes de la révolution, allaient cher-cher un asile au delà du Rhin, navons-nous pas éprouvé nous-mêmes combien la providencedivine veillait sur nous? Que de fois haletants, harassés dune longue route, arrivant à la portedune ville, nous y trouvions une honnête femme, qui nous disait : « Messieurs, vous cherchez» sans doute un logement, stiivez-moi; je vous en procurerai un. « Nous suivions cet ange duSeigneur ; elle nous menait chez un bon bourgeois, qui nous faisait asseoir à sa table, et nousdonnait un lit, sans rien vouloir recevoir de nous que des remerclments. Le lendemain,il nous donnait une lettre de recommandation pour un parent ou un de ses amis, qui habitaitla ville voisine, nous trouvions le même accueil.

Nous traversions ainsi de vastes contrées, dont les peuples soulageaient nos misères, cl