SOEURS DE NOTRE-DAME
DE LA MISÉRICORDE.
Le cardinal de Granvelle, au milieu des tracasseries, des embarras detoute espèce qu’il rencontrait dans le gouvernement des Pays-Ras espa-gnols, dans un temps de troubles et de factions, avait pris, pour devise,ce vers de l’Énéide :
« Durate el vosmel rebus servale secundis. »
Cette devise est celle des hommes à grand caractère qui poursuiventavec courage et persévérance un but difficile à atteindre.
Nous allons trouver ce caractère dans un pauvre prêtre et une femmedes provinces méridionales de la France; deux âmes fortes que Dieu des-tinait à fonder une congrégation utile à la religion, et qui manquait jus-qu’alors.
Ces deux personnes qu’une espèce de hasard réunit, sont Antoine Wanet Madeleine Martin, fondateurs de la congrégation des sœurs de Notre-Dame de la Miséricorde.
A’van était né en 1570, dans un village du diocèse d’Aix, en Provence,de parents pauvres et vivant péniblement de leur travail; il perdit sonpère dès l’âge de trois ans.
Cet enfant avait un bon naturel et des sentiments plus élevés que sanaissance. Il cherchait à s’instruire, mais, faute de moyens, il ne pouvaitpas être admis aux écoles publiques. Pour y suppléer, à l’âge de six ousept ans, il se plaçait sur le chemin des enfants qui allaient à l’école, ouqui en revenaient, et, en leur offrant les fruits que sa mère lui donnait àlui-même pour sa nourriture, il les priait de lui apprendre à lire.