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[2] (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.

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dant virent avec peine quon leur associât un jeune homme mal élevé, etqui navait fait aucune étude. En conséquence il fut mal vu, mais sapatience et sa douceur désarmèrent à la fin ses confrères, et ils se char-gèrent de son éducation. Pour lachever, ils lenvoyèrent à luniversité dePont-à-Mousson. Il y reçut en 1581 la prêtrise, à lâge de trente ans, etretourna à Saint-Vanne.

Les désordres qui y régnaient laffligèrent et il osa parler de réforme.11 nen fallut pas davantage pour soulever contre lui toute la communauté.Pour se débarrasser de ce réformateur, on lenvoya dans un ermitage quidépendait de cette abbaye. Il y resta quelque temps , mais il en fut chassépar une troupe de soldats qui passaient par, et il revint à Saint-Vanne.Il y trouva pour abbé lévêque même de Verdun, à qui il plut, et qui lenomma prieur de celte maison. Labbé et le prieur se trouvant daccord,entreprirent la réforme de labbaye. Ils ne purent y réussir quen disper-sant les moines dans dautres maisons, et en les remplaçant par denouveaux sujets, qui adoptèrent le plan de, réforme quon leur pré-senta.

Le personnel de labbaye étant entièrement renouvelé, les nouveauxreligieux embrassèrent avec joie les règles tracées par labbé et le prieur,et tout changea de face à Saint-Vanne. Cette révolution fit bruit, etSaint-Vanne fut cité pour la bonne discipline qui y régnait. Lévêque deVerdun avait encore une autre abbaye, celle de Moyen-Moutier dans lesVosges, dédiée à saint Hydulphe. Il y introduisit la même réforme quàSaint-Vanne, et ces deux maisons formèrent une même congrégation surle modèle, de celle du Mont-Cassin et de Sainte-Justine de Padoue, et quifut appelée la congrégation de Saint-Vanne et de Saint-Hydulphe, par unebulle de Clément VIII, de lan 1604.

Le cardinal de Lorraine voyant lheureux succès de la réforme intro-duite dans la nouvelle congrégation, profita de son pouvoir de légat pourobliger toutes les autres abbayes de la Lorraine, au nombre denvironquarante, à embrasser la même réforme, en se réunissant à la congrégationde Saint-Vanne et pratiquant les mêmes observances, qui nétaient autresque celles de la règle primitive du patriarche saint Benoît.

Ces abbayes étaient situées dans les villes de Toul, Nancy, Metz et àLuxueil. Cette dernière avait été fondée, vers 600, par saint Colomban,au pied des Vosges.