HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.
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dant virent avec peine qu’on leur associât un jeune homme mal élevé, etqui n’avait fait aucune étude. En conséquence il fut mal vu, mais sapatience et sa douceur désarmèrent à la fin ses confrères, et ils se char-gèrent de son éducation. Pour l’achever, ils l’envoyèrent à l’université dePont-à-Mousson. Il y reçut en 1581 la prêtrise, à l’âge de trente ans, etretourna à Saint-Vanne.
Les désordres qui y régnaient l’affligèrent et il osa parler de réforme.11 n’en fallut pas davantage pour soulever contre lui toute la communauté.Pour se débarrasser de ce réformateur, on l’envoya dans un ermitage quidépendait de cette abbaye. Il y resta quelque temps , mais il en fut chassépar une troupe de soldats qui passaient par là, et il revint à Saint-Vanne.Il y trouva pour abbé l’évêque même de Verdun, à qui il plut, et qui lenomma prieur de celte maison. L’abbé et le prieur se trouvant d’accord,entreprirent la réforme de l’abbaye. Ils ne purent y réussir qu’en disper-sant les moines dans d’autres maisons, et en les remplaçant par denouveaux sujets, qui adoptèrent le plan de, réforme qu’on leur pré-senta.
Le personnel de l’abbaye étant entièrement renouvelé, les nouveauxreligieux embrassèrent avec joie les règles tracées par l’abbé et le prieur,et tout changea de face à Saint-Vanne. Cette révolution fit bruit, etSaint-Vanne fut cité pour la bonne discipline qui y régnait. L’évêque deVerdun avait encore une autre abbaye, celle de Moyen-Moutier dans lesVosges, dédiée à saint Hydulphe. Il y introduisit la même réforme qu’àSaint-Vanne, et ces deux maisons formèrent une même congrégation surle modèle, de celle du Mont-Cassin et de Sainte-Justine de Padoue, et quifut appelée la congrégation de Saint-Vanne et de Saint-Hydulphe, par unebulle de Clément VIII, de l’an 1604.
Le cardinal de Lorraine voyant l’heureux succès de la réforme intro-duite dans la nouvelle congrégation, profita de son pouvoir de légat pourobliger toutes les autres abbayes de la Lorraine, au nombre d’environquarante, à embrasser la même réforme, en se réunissant à la congrégationde Saint-Vanne et pratiquant les mêmes observances, qui n’étaient autresque celles de la règle primitive du patriarche saint Benoît.
Ces abbayes étaient situées dans les villes de Toul, Nancy, Metz et àLuxueil. Cette dernière avait été fondée, vers 600, par saint Colomban,au pied des Vosges.