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HISTOIRE ET COSTUMES
construire à Paris, et un autre que le cardinal de Sourdis voulait faire àBordeaux; les religieux ne voulurent pas déroger au règlement fait en 1592.
Il ne fallut rien moins pour vaincre leur obstination que le désir d’unereine de France. Ils cédèrent enfin à celui d’Anne d’Autriche, femme deLouis XIII, qui obtint qu’on lui enverrait six religieuses de Toulouse pourhabiter un couvent qu’elle leur fit élever à Paris, faubourg Saint-Jacques,en 1022. Parmi elles se trouvaient les deux filles d’un maître des comptes,qui avait offert inutilement, en 1598, de faire bâtir à ses frais un pareilcouvent à Paris ; ce qui l’avait obligé de les envoyer prendre le voile àToulouse.
Les feuillantines de Paris eurent pour supérieure Marguerite de Claussede Marchaumont, dont le père était grand maître des eaux et forêts deFrance, et la mère Denise de Villeroi. Mariée fort jeune, elle s’était trouvéeveuve six mois après, et avait épousé en secondes noces Salomon de Bé-thune, seigneur deRosni, qu’elle perdit deux ans et demi après, n’ayantencore que vingt-deux ans.
Douée d’une grande beauté, riche et d’une haute naissance, cette jeuneveuve fut recherchée par un grand nombre de seigneurs ; mais elle préférarenoncer au monde et se consacrer à Dieu dans l’état religieux.
Parmi ceux qui la recherchaient était Louis de Marillac, qui fut dansla suite maréchal de France, et finit par porter sa tête sur l’échafaud,place de Grève, à Paris, en 1052. Comme ce seigneur était très-puissant,M rae de Rosni, craignant de ne pouvoir échapper à sa poursuite, eut recoursà la ruse pour se tirer d’affaire. Sous prétexte d’un pèlerinage quelle avaitpromis de faire à Notre-Dame du Puy en Auvergne, elle partit avec uncousin germain quelle avait prié de l’accompagner, alla droit à Tou-louse, en 1602, où elle se renferma chez les feuillantines, et y prononçases vœux à l’âge de vingt-six ans, tandis que son cousin, de son côté,se présentait à l'abbaye de Feuillans, où il se fit religieux. Ce fut doncaprès vingt ans de religion passés à Toulouse, que M me la veuve de Rosnifut chargée de la conduite des feuillantines de Paris. Son second mari, lemarquis de Béthune de Rosni, était de la famille du fameux duc de Sulli,ministre de Henri IV.
Les feuillantines avaient les mêmes observances que les feuillants,étaient habillées'de blanc comme eux, et étaient soumises à leur juridic-tion par une bulle de Clément VIII, de l’an 1006.