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HISTOIRE ET COSTUMES
Cette dame s’adressa à l’abbé de la Barrière, au nom de ses compagnes,pour le prier de leur donner les moyens de se consacrer à Dieu, et devouloir bien leur servir de guide. Le pieux abbé voulut auparavant s’as-surer si elles pourraient supporter les austérités auxquelles se soumet-taient les religieux dont il était le chef. Il leur dit qu’il désirait leséprouver pendant quelques années, et que si elles persévéraient dansleur vocation, il leur procurerait un établissement conforme à leursdésirs.
Il les visitait souvent, et pendant trois ans qu’il leur donna pour faireleurs réflexions, beaucoup d’autres personnes se réunirent à elles, et il setrouva un assez grand nombre de dames qui demandèrent à suivre larègle des feuillants.
Un des deux religieux que Jean de la Barrière avait envoyés à Borne,d’après la demande du pape Sixte V, s’appelait Dom Jacques de la Boche-mouson' d’une famille noble de l’Auvergne. Il avait embrassé l’état religieuxà l’abbaye de la Chaise-Dieu (I), dans la même province, et qui avait alorspour abbé Charles de Valois, fds naturel de Charles IX; mais quelquetemps après il se fit recevoir à Feuillans.
Ce pieux religieux, étant à Borne, apprit qu’il y avait en cette villequelques filles dévotes qui, faute de moyens, ne pouvaient être reçuesdans aucun couvent pour s’y faire religieuses. Dom Jacques en parla aucardinal Busticio, protecteur de l’ordre de Cîteaux, qui fit bâtir un cou-vent pour ces filles pieuses près de l’église de Sainte-Susanne, qui étaitson titre, et les y plaça sous l’ordre de Cîteaux et l’étroite observance desfeuillants. On leur donna le nom de religieuses de Sainte-Susanne, et ellesfurent les premières qui aient été reconnues comme étant de l’ordre desfeuillantines.
Quant à celles de France, agissant en vertu de la bulle donnée parSixte V, en 1586, l’abbé de la Barrière leur procura une maison à Mon-tesquiou de Volvestre, aux environs de Bieux. Elles s’y établirent et yprononcèrent leurs vœux, le 19 juin 1588, ayant pour supérieure Mar-guerite de Polastron de la Ilillière, veuve d’Anne d’Yzalquier de Clermontde Dieupantale, seigneur de Margestand, âgée de cinquante-huit ans. En
(I) C’est là que fut exilé le cardinal de Rohan en 1783, après avoir gagné son procès auparlement de Paris, dans la fameuse affaire du collier qui fit tant de bruit. Il était abbé com-
mendataire de cette abbaye.
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