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[2] (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

Cette dame sadressa à labbé de la Barrière, au nom de ses compagnes,pour le prier de leur donner les moyens de se consacrer à Dieu, et devouloir bien leur servir de guide. Le pieux abbé voulut auparavant sas-surer si elles pourraient supporter les austérités auxquelles se soumet-taient les religieux dont il était le chef. Il leur dit quil désirait leséprouver pendant quelques années, et que si elles persévéraient dansleur vocation, il leur procurerait un établissement conforme à leursdésirs.

Il les visitait souvent, et pendant trois ans quil leur donna pour faireleurs réflexions, beaucoup dautres personnes se réunirent à elles, et il setrouva un assez grand nombre de dames qui demandèrent à suivre larègle des feuillants.

Un des deux religieux que Jean de la Barrière avait envoyés à Borne,daprès la demande du pape Sixte V, sappelait Dom Jacques de la Boche-mouson' dune famille noble de lAuvergne. Il avait embrassé létat religieuxà labbaye de la Chaise-Dieu (I), dans la même province, et qui avait alorspour abbé Charles de Valois, fds naturel de Charles IX; mais quelquetemps après il se fit recevoir à Feuillans.

Ce pieux religieux, étant à Borne, apprit quil y avait en cette villequelques filles dévotes qui, faute de moyens, ne pouvaient être reçuesdans aucun couvent pour sy faire religieuses. Dom Jacques en parla aucardinal Busticio, protecteur de lordre de Cîteaux, qui fit bâtir un cou-vent pour ces filles pieuses près de léglise de Sainte-Susanne, qui étaitson titre, et les y plaça sous lordre de Cîteaux et létroite observance desfeuillants. On leur donna le nom de religieuses de Sainte-Susanne, et ellesfurent les premières qui aient été reconnues comme étant de lordre desfeuillantines.

Quant à celles de France, agissant en vertu de la bulle donnée parSixte V, en 1586, labbé de la Barrière leur procura une maison à Mon-tesquiou de Volvestre, aux environs de Bieux. Elles sy établirent et yprononcèrent leurs vœux, le 19 juin 1588, ayant pour supérieure Mar-guerite de Polastron de la Ilillière, veuve dAnne dYzalquier de Clermontde Dieupantale, seigneur de Margestand, âgée de cinquante-huit ans. En

(I) Cest que fut exilé le cardinal de Rohan en 1783, après avoir gagné son procès auparlement de Paris, dans la fameuse affaire du collier qui fit tant de bruit. Il était abbé com-

mendataire de cette abbaye.

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