FEUILLANTINES.
L’institut des religieuses feuillantines a également pour fondateur l’abbéJean de la Barrière, et c’est en voyage qu’il en a trouvé l’occasion, commenous avons vu qu’il est arrivé à saint François de Sales, fondateur desreligieuses de la visitation. On peut donc dire de chacun de ces deuxsaints personnages, comme on l’a dit de Jésus-Christ : Pertransiit benefa-ciendo.
Une dame pieuse, Anne de Polastron de la Hdlière, habitait le châteaude Sauvens, dont son mari, Jean de Grandmont, était seigneur. Cetendroit était près de la petite ville de Muret (1), dans le haut Languedoc,aujourd’hui département de la Haute-Garonne, et toutes les fois que l’abbéde la Barrière allait prêcher à Toulouse, il logeait dans ce château, dontla dame avait un plaisir extrême à l’entendre parler des choses divines.Quelques dames du voisinage ne manquaient jamais de s’y rendre quandelles savaient que le saint abbé y était, plutôt par curiosité que dans ledésir de profiter de ses instructions.
Mais comme il suffit que le bon grain tombe sur une bonne terre,comme dit l’Évangile, pour rapporter au centuple, les pieux discours dusaint plurent tellement aux dames qui les entendaient, qu’elles conçurentl’idée de renoncer au monde et d’embrasser l’état religieux.
M me de Sauvens, engagée dans l’état de mariage, ne pouvait qu’exhorterses amies à suivre l’attrait de la grâce. Mais pour suppléer à ce qu’elle nepouvait pas faire elle-même, elle leur donna, pour les diriger dans leurspieux desseins, une jeune veuve qui était sa propre sœur. C’était Margue-rite de Polastron, veuve du seigneur de Margestand.
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(I) Muret a près de A,000 habitants et est célèbre par la victoire remportée, en 1215, parSimon de Monlforl sur Pierre, roi d’Arragon, qui y lut tué.