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[2] (1845)
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DES ORDRES RELIGIEUX.

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Rome une assemblée des feuillants italiens pour le juger. La Barrière syprésenta lui-même. Celui qui la présidait était un dominicain qui depuisfut évêque de Forli. Cétait en lannée 1592, et Sixte Y était déjà mort.

Jean de la Barrière, interrogé sur les griefs quon lui reprochait, ne sedéfendit pas, fut suspendu de toutes ses fonctions et condamné à se pré-senter tous les mois au tribunal de linquisition.

Ce jugement rappelle celui porté par ses propres religieux contre saintRomuald, qui se laissa aussi soumettre à une pénitence humiliante pourun crime supposé, dont il avait eu lair de faire laveu par son silence (1).

D. Jean de la Barrière resta six ans à Rome dans cet état dhumiliation.Mais, en 1598, un nouveau chapitre de lordre sy étant tenu, on demandason rétablissement. Lévêque de Forli, qui avait été son plus grand ennemi,ne manqua pas de sy opposer. Le cardinal Bellarmin reçut du pape Clé-ment VIII lordre dexaminer cette affaire et de lui en faire un rapport. Ilfut démontré au souverain pontife que Jean de la Barrière était victimedune cabale et dune injuste oppression.-dessus, le pape Clément entémoigna à lévêque de Forli toute son indignation, et lui défendit dese présenter désormais devant lui. Lévêque, atterré de ce coup de foudre,alla se jeter aux pieds du saint abbé, lui demanda pardon et mourut lui-même, trois jours après, de douleur et de honte.

Le pape fit prononcer solennellement labsolution de Jean de la Barrièreet voulait lengager à rester à Rome. Il y mourut peu de temps après,en 1600, dans un de ses monastères, entièrement réhabilité et vengé deses ennemis. Son ancien maître, le cardinal dOssat, reçut son derniersoupir. Son cœur fut envoyé à labbaye deFeuillans; son corps a été enterrédans un sépulcre de marbre à Rome, et ses pieds transportés à Paris.

Pendant son interdiction, en 1595, sa règle fut modifiée, et beaucoup

(1) Personne ne peut dire que saint Romuald a bien fait de permettre à ses moines de lemettre en pénitence comme coupable dincontinence. En sy soumettant, il autorisait la mutineriede ses inférieurs, et laissait subsister le scandale que produisait linculpation dont il était lob-jet , tant quelle nétait pas détruite. Le premier devoir dun supérieur de maison est dy main-tenir lordre et de faire respecter l'autorité dont Dieu la revêtu. Toute autre conduite nestque faiblesse et pusillanimité. Quand saint Paul, poursuivi par les juifs, fut cité au tribunal deFestus, il lui dit sans hésiter : « Je nai manqué à personne, ni à Dieu, ni à César, ni à ceux» de ma nation. Si vous ne vous sentez pas le courage de me rendre justice, César me la rendra» lui-même : cest à lui que jen appelle. »

Voilà qui est ferme et digne dun apôtre!

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