FEUILLANTS.
L’ordre de Cîteaux, après s’être maintenu dans sa première ferveur,pendant les quatre premiers siècles de son existence, commença à se relâ-cher dans les premières années du quatorzième siècle. C’est alors que lepape Benoît XII, qui avait été abbé d’un monastère de cet ordre, employason autorité pour le réformer.
Déjà du temps de saint Dominique, cent ans auparavant, on voyaitles abbés de Cîteaux mettre du luxe dans leurs équipages, et traîneravec eux dans leurs voyages un nombreux domestique. Ils en vinrentplus tard à se donner des pages qui les accompagnaient sous le nom dedamoiseaux.
Benoît XII leur interdit ce faste qui ne leur convenait pas, et leur donnaune nouvelle constitution, qui fut appelée la bénédictine, pour remédierà tous les abus qu’il connaissait bien.
Mais après lui, le relâchement reparut et fut cause que les monastèresde Cîteaux, qui existaient en Espagne, se séparèrent de ceux de France,pour ne point partager leur infidélité aux règles de leur état.
Vers la fin du même siècle, vers l’an 1487, le scandale des moines deCîteaux étant arrivé à son comble, le pape Innocent.VIII ordonna qu’il setint un chapitre général de tout l’ordre (ce qui eut lieu à Paris, dansle collège des Bernardins, en 1494), pour obliger les abbés à réfor-mer leur luxe et les ramener à l’esprit de leur institut. Mais les me-sures arrêtées dans cette assemblée demeurèrent sans effet, et le malcontinua.
La première réforme qui s’établit en France fut celle des feuillants, quieut lieu en 1577. Mais l’abbaye de Cîteaux, où résidait le général de toutl’ordre, et qui on était le chef-lieu, n’y eut aucune part, et peut excuser,