Druckschrift 
[2] (1845)
Entstehung
Seite
126
Einzelbild herunterladen
 

12(5

HISTOIRE ET COSTUMES

Paul V, successeur de Clément VIII, donna pour protecteur à l'institutdes écoles pies, le cardinal Giustiniani.

Aidé des largesses de ce prélat et de quelques autres bienfaiteurs,Calasanz acheta un palais et une église qui y tenait, en l G J 4, et cinq ansaprès, Paul V, voyant le bien que faisait à lÉglise une congrégation aussiutile, lapprouva par un bref, en 1617, en établit le vénérable Calasanzpour chef, lui permit dériger dautres établissements sur le même plan,cl de rédiger les constitutions quil jugerait nécessaires au but quil seproposait.

Le nombre de ses compagnons était alors de quinze. Ils se concertèrentsur la règle quils devaient suivre, sur lhabit quils prendraient, et le25 mars de cette année, le cardinal Giustiniani, protecteur de lordre, lesrevêtit de lhabit quils avaient adopté, cest-à-dire, dune robe pareille àcelle des jésuites, mais nayant que trois boutons en cuir, avec un man-teau qui ne devait pas descendre plus bas que le genou.

En 1621, Grégoire XV approuva cette congrégation, qui fut nomméedes clercs réguliers des écoles pies, sous le gouvernement du fondateur,et ayant les privilèges des ordres mendiants.

Le P. Joseph Calasanz voyant ainsi sa congrégation établie, se livraentièrement à linstruction de la jeunesse et continua cette occupationjusquà la fin de sa vie. Cela ne lempêcha pas de sadonner encore àdautres bonnes œuvres, comme de visiter les hôpitaux, les prisons, das-sister les indigents jusquà leur distribuer les provisions destinées à lanourriture de ses religieux. On le voyait lui-même, une besace sur le dos,aller par les rues recevoir les aumônes des fidèles. Il refusa même lévêchéde Brindcs quon lui avait offert, plutôt que de renoncer à êlre utile, à la(été de sa congrégation.

Sa renommée ne manqua pas de sétendre, tant en Italie quau dehors.On lui offrit désétablissements en plusieurs pays, à Gênes, en Toscane,

sion ils ouvrent leur etablissement. Pourquoi les prêtres 11e pourraient-ils pas aussi vivre deleur industrie? Saint Augustin, encore manichéen, ouvre à Home une école de rhétorique, per-sonne ny trouve à redire, on ne lui demande pas de faire serment, comme quoi « il nest pas» membre de quelque corporation non reconnue dans lempire. »

Home païenne avait autrefois chassé les philosophes et fait couler le sang des martyrs. MaisHome chrétienne laissait à chacun son opinion et lexercice de ses talents. On y était donc pluslibre alors que nous ne le sommes aujourd'hui. Faut-il quou nous applique aussi le fameuxmol de Sieyès ; « Ils veulent être libres, et ils ne savent pas être justes? »