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[2] (1845)
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Il ne paraît pas quil y ait aucune congrégation de religieuses quireconnaisse pour leur fondateur saint Camille et en suive les institutions.Comment donc se fait-il que nos journaux nous aient annoncé^ il y aquelques années, lors de la peste qui désola la ville de Barcelone, quony avait envoyé de Paris trois religieuses de l 'ordre de Sainl-Camille, avectrois médecins pour soigner les malades de celte ville? Est-ce encore unedes mille et une bévues qui échappent aux rédacteurs de ces feuilles?Sans doute le fait est certain; mais ils auront pris un ordre pour un autre,et de quelque institut que fussent ces trois respectables fdles, leur héroïsmene nous étonne pas. Nous savons que les femmes ne le cèdent jamais auxhommes quand il est question de dévouement et de sacrifice pour secourirlhumanité.

Lhabit de ces clercs réguliers ne différait de celui des autres ecclésias-tiques que par une croix quils portaient sur lépaule gauche, et qui étaitfaite dune étoffe brune.

Cet ordre ne sest pas propagé en France, et sans doute il existe encoreen Italie.

Il sétait formé, à la même époque, en Italie une société quon appelaitles prêtres du Bon-Jésus, et qui se dévouaient aux mêmes fonctionsque ceux dont nous venons de parler. Nous en dirons un mot.

Une femme de Ravenne, nommée Marguerite, avait perdu la vuepresque en naissant. A quatorze ans, elle se trouva accablée dune foulede maladies quelle supporta avec courage. Sa patience lui procurait lavisite dun grand nombre de personnes qui venaient admirer ses vertus.Ses discours les édifiaient, et elle se trouva être lâme dune associationcomposée dhommes et de femmes vertueuses, qui pratiquaient en com-mun toutes sortes de bonnes œuvres, daprès un plan et une règle tracéspar Marguerite : cette association avait pris le nom de société duBon-Jésus.

Parmi les personnes qui fréquentaient cette maison, se trouvait uneveuve, nommée Gentile, qui avait été maltraitée par son mari. Non-seu-lement elle avait eu lart de le ramener à des sentiments plus chrétiens,mais elle eut aussi le bonheur de convertir un jeune homme, nomméMaluselli, qui avait vingt-cinq ans, se fit prêtre et, se joignant à un filsde Gentile, qui était aussi prêtre, propagea la société du lion-Jésus. Soncompagnon étant mort, Gentile donna par testament tous ses biens à

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