1>KS OH DI 5 KS lilil Jf.lEUX.
121
Il ne paraît pas qu’il y ait aucune congrégation de religieuses quireconnaisse pour leur fondateur saint Camille et en suive les institutions.Comment donc se fait-il que nos journaux nous aient annoncé^ il y aquelques années, lors de la peste qui désola la ville de Barcelone, qu’ony avait envoyé de Paris trois religieuses de l 'ordre de Sainl-Camille, avectrois médecins pour soigner les malades de celte ville? Est-ce encore unedes mille et une bévues qui échappent aux rédacteurs de ces feuilles?Sans doute le fait est certain; mais ils auront pris un ordre pour un autre,et de quelque institut que fussent ces trois respectables fdles, leur héroïsmene nous étonne pas. Nous savons que les femmes ne le cèdent jamais auxhommes quand il est question de dévouement et de sacrifice pour secourirl’humanité.
L’habit de ces clercs réguliers ne différait de celui des autres ecclésias-tiques que par une croix qu’ils portaient sur l’épaule gauche, et qui étaitfaite d’une étoffe brune.
Cet ordre ne s’est pas propagé en France, et sans doute il existe encoreen Italie.
Il s’était formé, à la même époque, en Italie une société qu’on appelaitles prêtres du Bon-Jésus, et qui se dévouaient aux mêmes fonctionsque ceux dont nous venons de parler. Nous en dirons un mot.
Une femme de Ravenne, nommée Marguerite, avait perdu la vuepresque en naissant. A quatorze ans, elle se trouva accablée d’une foulede maladies quelle supporta avec courage. Sa patience lui procurait lavisite d’un grand nombre de personnes qui venaient admirer ses vertus.Ses discours les édifiaient, et elle se trouva être l’âme d’une associationcomposée d’hommes et de femmes vertueuses, qui pratiquaient en com-mun toutes sortes de bonnes œuvres, d’après un plan et une règle tracéspar Marguerite : cette association avait pris le nom de société duBon-Jésus.
Parmi les personnes qui fréquentaient cette maison, se trouvait uneveuve, nommée Gentile, qui avait été maltraitée par son mari. Non-seu-lement elle avait eu l’art de le ramener à des sentiments plus chrétiens,mais elle eut aussi le bonheur de convertir un jeune homme, nomméMaluselli, qui avait vingt-cinq ans, se fit prêtre et, se joignant à un filsde Gentile, qui était aussi prêtre, propagea la société du lion-Jésus. Soncompagnon étant mort, Gentile donna par testament tous ses biens à
ni
ii