PRÊTRES DE RA DOCTRINE CHRÉTIENNE.
Le besoin d'instruire' les peuples et de les prémunir contre les séduc-tions des hérétiques du seizième siècle, qui, sous le prétexte de réformerl’Église, bouleversaient sa discipline et dénaturaient ses dogmes, avaitengagé quelques prêtres et de pieux laïques à s’associer dans ce but, pouropposer une digue à l’erreur.
Le même besoin avait déjà produit, au douzième et au treizième siècle,les ordres de Saint-Dominique et de Saint-François d’Assise à l’apparitiondes albigeois et autres sectaires de cette époque.
Quelques-unes des congrégations dont nous venons de parler, les théatinset d’autres clercs réguliers, s’étaient formées dans la même intention.
Nous allons nous occuper de deux nouvelles associations de ce genre,qui, sans se concerter, parurent successivement en Italie et en France,sous le nom de Prêtres de la doctrine chrétienne.
Les premiers en date sont ceux d’Italie.
Un gentilhomme de Milan, nommé Cusani, vient s’établir à Rome etpropose à quelques personnes pieuses de s’unir à lui pour enseigner lecatéchisme aux enfants du peuple, et faire en outre des instructions auxgens de métier les dimanches et fêtes. Ce ne fut d’abord qu’une confrériedirigée par le célèbre Baronius, qui fut depuis cardinal. On leur accordaà Rome une église, où ils commencèrent cette bonne œuvre. Le papePie V les encouragea, en 1507, par des indulgences. De là ils se parta-gèrent en plusieurs bandes pour aller instruire les habitants des villagesvoisins de Rome, et ils se donnèrent pour chef Cusani, qui fut ordonnéprêtre en 1580.
Pie V exhorta les curés à former dans leurs paroisses des confrériessemblables, et à mesure que ces associations se multiplièrent, elles setrouvèrent composées de prêtres et de laïques. Enfin ceux de Rome y firent