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HISTOIRE ET COSTUMES
Philippe leur faisait îles conférences dans sa chambre. Mais ce local setrouvant bientôt trop petit, il obtint une espèce de grenier assez vaste,qui était au-dessus d’une église, pour en faire un oratoire, et y continuerles instructions qu’il avait commencées.
Parmi les sujets qui s’offrirent à lui pour l’aider, se trouva le célèbreBaronius, auteur des Annales ecclésiastiques.
Son oratoire ne désemplissait pas. C’étaient tantôt des lectures spiri-tuelles, des chants religieux, des prières publiques, des discours édifiantsqui se succédaient. De là on se séparait en plusieurs troupes pour allerdans les hôpitaux assister les malades, ou visiter les principales églises dela ville. Ces pratiques de dévotion se faisaient surtout pendant le tempsdu carnaval, pour enlever le plus qu’on pouvait de personnes aux diver-tissements profanes de ces jours.
Ces réunions trouvèrent cependant des contradicteurs et furent dénon-cées aux supérieurs ecclésiastiques, comme illicites et dangereuses pourles mœurs. Quelques désagréments s’ensuivirent pour le saint fondateur;mais il parvint à se justifie] 1 , et il fut autorisé à continuer. C’est ce quiengagea quelques Florentins, qui venaient de faire construire une église àRome, pour leur usage particulier, à prier Philippe de la desservir lui-même; ce qu’il accepta d’après un ordre exprès du pape Pie IY.
Pour l’aider dans cette entreprise, il fit prendre les ordres sacrés à quel-ques-uns de ses compagnons, comme Baronius, Bordio, qui fut depuisarchevêque d’Avignon, Tarruggi, qui devint cardinal, et Velli, qui aprèslui, fut général de la congrégation. C’est à l’installation des compagnonsde Philippe dans cette église, qu’on appelait Sainl-Jean-Baplisle des Flo-rentins , qu’on place l’époque de l’institution de la congrégation des prêtresde l’oratoire, en 1504.
Ils se logèrent alors tous dans une même maison attenante à cette église.Ils balayaient eux-mêmes les corridors et faisaient la cuisine chacun à sontour. Quelques savants, étant venus un jour faire une visite à Baronius, letrouvèrent à la cuisine, un tablier autour de lui, et lavant la vaisselle.
Cependant l’établissement de l’oratoire à l’église des Florentins n’était pasdéfinitif. Comme la nouvelle congrégation jouissait d’une estime toujourscroissante, on lui offrit une autre église, au centre de Rome, nomméeSainte-Marie de la Vallicella , que le pape l’autorisa à accepter. Elle étaitpetite, mais on la démolit pour y en élever une plus grande et plus belle,