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[2] (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES

Philippe leur faisait îles conférences dans sa chambre. Mais ce local setrouvant bientôt trop petit, il obtint une espèce de grenier assez vaste,qui était au-dessus dune église, pour en faire un oratoire, et y continuerles instructions quil avait commencées.

Parmi les sujets qui soffrirent à lui pour laider, se trouva le célèbreBaronius, auteur des Annales ecclésiastiques.

Son oratoire ne désemplissait pas. Cétaient tantôt des lectures spiri-tuelles, des chants religieux, des prières publiques, des discours édifiantsqui se succédaient. De on se séparait en plusieurs troupes pour allerdans les hôpitaux assister les malades, ou visiter les principales églises dela ville. Ces pratiques de dévotion se faisaient surtout pendant le tempsdu carnaval, pour enlever le plus quon pouvait de personnes aux diver-tissements profanes de ces jours.

Ces réunions trouvèrent cependant des contradicteurs et furent dénon-cées aux supérieurs ecclésiastiques, comme illicites et dangereuses pourles mœurs. Quelques désagréments sensuivirent pour le saint fondateur;mais il parvint à se justifie] 1 , et il fut autorisé à continuer. Cest ce quiengagea quelques Florentins, qui venaient de faire construire une église àRome, pour leur usage particulier, à prier Philippe de la desservir lui-même; ce quil accepta daprès un ordre exprès du pape Pie IY.

Pour laider dans cette entreprise, il fit prendre les ordres sacrés à quel-ques-uns de ses compagnons, comme Baronius, Bordio, qui fut depuisarchevêque dAvignon, Tarruggi, qui devint cardinal, et Velli, qui aprèslui, fut général de la congrégation. Cest à linstallation des compagnonsde Philippe dans cette église, quon appelait Sainl-Jean-Baplisle des Flo-rentins , quon place lépoque de linstitution de la congrégation des prêtresde loratoire, en 1504.

Ils se logèrent alors tous dans une même maison attenante à cette église.Ils balayaient eux-mêmes les corridors et faisaient la cuisine chacun à sontour. Quelques savants, étant venus un jour faire une visite à Baronius, letrouvèrent à la cuisine, un tablier autour de lui, et lavant la vaisselle.

Cependant létablissement de loratoire à léglise des Florentins nétait pasdéfinitif. Comme la nouvelle congrégation jouissait dune estime toujourscroissante, on lui offrit une autre église, au centre de Rome, nomméeSainte-Marie de la Vallicella , que le pape lautorisa à accepter. Elle étaitpetite, mais on la démolit pour y en élever une plus grande et plus belle,