HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.
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logie : ce qui le fit connaître et lui procura d’honorables amis dans Rome.
Ses études terminées, il employa tout son temps en œuvres de piété,visitant les hôpitaux et les sept principales églises de cette ville, et priantavec ferveur sur les tombeaux des martyrs. Son exemple inspira à quel-ques-uns l’envie de se joindre à lui et d’imiter ses bonnes œuvres. Plusieurslibertins même, à la vue d’une vie si sainte, se sentirent touchés de re-pentir, et renoncèrent aux désordres auxquels ils s’étaient livrés jus-qu’alors.
De si heureux commencements engagèrent Philippe à fonder une con-frérie qu’on appela de la Sainte-Trinité, et qui fut composée d’abord depauvres gens, qu’il réunissait dans une église, pour leur faire de pieusesexhortations suivies de prières faites en commun. Des personnes de con-dition plus élevée demandèrent à entrer dans cette confrérie, et le pieuxPhilippe, qui n’était encore qu’un simple laïque, profitant de la circon-stance, trouva moyen de fonder un hôpital destiné à recevoir les pèlerinsqui venaient à Rome à l’occasion du grand jubilé. Rs pouvaient y logergratuitement pendant trois jours. En 1600, on y reçut 44,500 hommes et25,000 femmes.
Son confesseur crut que le bien qu’il faisait porterait encore de meilleursfruits s’il entrait dans l’état ecclésiastique, et, d’après son conseil, Philippe,âgé de trente ans, reçut en deux mois tous les ordres, depuis la tonsurejusqu’à la prêtrise (1).
Il s’associa alors avec quatre prêtres, dont un était son confesseur, etles trois autres Italiens et Espagnols, et tous ensemble se dévouèrent àl’exercice du saint ministère pour gagner des âmes à Jésus-Christ. Lenombre de leurs auditeurs fut d’abord assez faible, mais il s’augmenta ra-pidement, et l’on y vit des personnes d’un rang distingué.
(1) A celte époque, les interstices ou intervalles qu’il l'allait observer dans la collation desordres majeurs n’étaient pas encore fixes. Le pape Sirice, mort en 598, voulait qu’ils fussentau moins de cinq ans d’un ordre à l’autre, et qu’un prêtre ne pût être nommé évêque qu’aubout de dix ans. Le concile de Trente, qui s’ouvrait la même année où saint Philippe de Nérireçut les ordres sacrés, régla depuis qu’on mettrait un an d’intervalle entre la collation dechacun de ces ordres, en laissant aux évêques le pouvoir d’accorder des dispenses quand ils lejugeraient à propos.
Nous avons vu (page 158 , tome 1 er ) que saint Norbert avait cru mal faire en recevant tout àla fois le diaconat et la prêtrise, et qu’il en avait demandé pardon au pape Gélase 11. (VoyezConférences d’Angers. )