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[2] (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.

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logie : ce qui le fit connaître et lui procura dhonorables amis dans Rome.

Ses études terminées, il employa tout son temps en œuvres de piété,visitant les hôpitaux et les sept principales églises de cette ville, et priantavec ferveur sur les tombeaux des martyrs. Son exemple inspira à quel-ques-uns lenvie de se joindre à lui et dimiter ses bonnes œuvres. Plusieurslibertins même, à la vue dune vie si sainte, se sentirent touchés de re-pentir, et renoncèrent aux désordres auxquels ils sétaient livrés jus-qualors.

De si heureux commencements engagèrent Philippe à fonder une con-frérie quon appela de la Sainte-Trinité, et qui fut composée dabord depauvres gens, quil réunissait dans une église, pour leur faire de pieusesexhortations suivies de prières faites en commun. Des personnes de con-dition plus élevée demandèrent à entrer dans cette confrérie, et le pieuxPhilippe, qui nétait encore quun simple laïque, profitant de la circon-stance, trouva moyen de fonder un hôpital destiné à recevoir les pèlerinsqui venaient à Rome à loccasion du grand jubilé. Rs pouvaient y logergratuitement pendant trois jours. En 1600, on y reçut 44,500 hommes et25,000 femmes.

Son confesseur crut que le bien quil faisait porterait encore de meilleursfruits sil entrait dans létat ecclésiastique, et, daprès son conseil, Philippe,âgé de trente ans, reçut en deux mois tous les ordres, depuis la tonsurejusquà la prêtrise (1).

Il sassocia alors avec quatre prêtres, dont un était son confesseur, etles trois autres Italiens et Espagnols, et tous ensemble se dévouèrent àlexercice du saint ministère pour gagner des âmes à Jésus-Christ. Lenombre de leurs auditeurs fut dabord assez faible, mais il saugmenta ra-pidement, et lon y vit des personnes dun rang distingué.

(1) A celte époque, les interstices ou intervalles quil l'allait observer dans la collation desordres majeurs nétaient pas encore fixes. Le pape Sirice, mort en 598, voulait quils fussentau moins de cinq ans dun ordre à lautre, et quun prêtre ne pût être nommé évêque quaubout de dix ans. Le concile de Trente, qui souvrait la même année saint Philippe de Nérireçut les ordres sacrés, régla depuis quon mettrait un an dintervalle entre la collation dechacun de ces ordres, en laissant aux évêques le pouvoir daccorder des dispenses quand ils lejugeraient à propos.

Nous avons vu (page 158 , tome 1 er ) que saint Norbert avait cru mal faire en recevant tout àla fois le diaconat et la prêtrise, et quil en avait demandé pardon au pape Gélase 11. (VoyezConférences dAngers. )