BKTIILÉÉMITES.
Il est à remarquer que peu de nations ont déployé un caractère plusaventureux que les Normands. Sans parler du bruit qu’ils ont fait dans lemonde aux neuvième et dixième siècles, prenons-les depuis leur établis-sement dans la Neustrie. A peine y ont-ils planté leurs étendards, qu’unde leurs premiers ducs va faire la conquête de l’Angleterre, et y fonderune dynastie, qui, par ses différentes branches, et grâce à la grande lati-tude de son droit de succession (1), règne encore aujourd’hui sur cette îlecélèbre. D’autres guerriers sortis du même pays, au retour d’un voyagedans la Palestine, trouvent sur leur chemin de nouvelles aventures, etfondent, pour ainsi dire en passant, le royaume de Naples.
Dans un temps moins reculé, où l’Europe ne semble plus avoir de placepour de nouvelles monarchies, un autre aventurier normand va découvriren Afrique un nouvel archipel, où il ne tient qu’à lui de porter une cou-ronne. C’est Jean de Béthencourt, gentilhomme normand, du pays deCaux, qui, en 1402, découvrit et conquit les îles Canaries, en prit posses-sion et les garda en propriété, sous la protection de Henri III, roi de Cas-tille, qui lui avait donné les moyens de faire cette conquête. Sa famille s’yperpétua, et c’est de lui que descendait Pierre de Béthencourt, qui naquiten 1619, dans l’île de Ténériffe.
Les parents de celui-ci, faisant plus de cas de la piété que de la science,négligèrent son éducation littéraire, et ne lui parlèrent que de religion.Leurs soins réussirent si bien, que le jeune de Béthencourt était déjà unmodèle de vertus dès l’âge le plus tendre. Le jeûne et les macérations far-
ci) Dans les pays où la loi salique n'est pas en vigueur, la couronne sort pins difficilementd’une la mille, attendu cpi'à dél'aut de descendance masculine, la ligne l'éininine est là pourlournir des héritiers.
II
II