HOSPITALIERES
1)K DIKEEKENTS INSTITUTS.
Si les femmes n’ont pas, comme les hommes, l'honneur de porter lalumière de l’Évangile aux extrémités du monde, d’entreprendre de longsvoyages, et de s’exposer aux dangers et aux privations de l’apostolat pourgagner des âmes à Dieu, quel bien n’ont-elles pas fait aux hommes, sanssortir des localités où la nature les avait placées? Que d’actes d’héroïsmel’histoire et la religion n’ont-elles pas consignés dans leurs fastes, et quiont immortalisé ce sexe, si faible sous le rapport physique, mais dontl’âme a tant de force du côté moral! Dans les persécutions, il ne le cédajamais aux hommes en intrépidité, et il savait mourir souvent avec plusde résignation qu’eux.
Qui peut n’être pas touché des tendres soins de ces hospitalières, quiveillent jour et nuit aux lits des malheureux confiés à leur charité? Lesservices les plus dégoûtants ne trouvent chez elles aucune répugrance. Lareligion, qui les soutient, leur fait oublier les dangers auxquels elless’exposent elles-mêmes dans les temps d’épidémie, où, à chaque instant,elles se mettent, pour ainsi dire, en contact avec la mort.
Étrangères aux opinions, aux événements qui agitent le monde, ellesn’ont d’autre pensée que celle d’adoucir les maux de l’humanité, sansmême chercher à connaître ceux qui sont les objets de leurs soins bien-faisants.
Ces asiles ouverts aux infirmités humaines, ces hôpitaux inconnus auxanciens, où la misère est accueillie et soulagée, c’est aux femmes que nousles devons. Ce sont elles qui en ont conçu l’idée; ce sont elles qui, sansaucune autre ressource que l’enthousiasme religieux qui les aiguillonnait,ont trouvé le moyen de les élever, en stimulant les hommes, qui, sanselles, n’y auraient peut-être pas pensé.