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[2] (1845)
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HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.

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de Ferdinand V (1). Ses inclinations le portant à suivre la même carrièreque ses frères, le due de Najera, grand dEspagne, un de ses parents, luilit apprendre tous les exercices propres à former un officier distingué.

Il fit ses premières armes à la prise de la ville de Najera, dans la vieilleCastille,, se contentant de la gloire dy avoir contribué, il renonça àla part de butin qui lui revenait, selon les usages de la guerre de cetemps-. Il était loyal, généreux, plein dhonneur; mais il joignait à sesbelles qualités beaucoup détourderie, un grand goût pour les plaisirs, etétait fort infatué des maximes du monde, qui ne sont pas toujours cellesde la sévérité chrétienne.

En 1521, les Français vinrent mettre le siège devant Pampelune, capi-tale de la Navarre. Ignace, qui était renfermé dans cette place, fit tout cequil pouvait pour la défendre; mais, malgré ses efforts, elle se rendit.Alors, suivi de quelques braves, il se retira dans la citadelle. Il y futatteint, sur la brèche, dun boulet de canon,.qui lui cassa une jambe. Ilfallut se rendre à discrétion, et il fut fait prisonnier par les Français, quicependant le traitèrent bien et le firent transporter au château de son père,à Loyola.

Sa jambe ayant été mal remise, les chirurgiens se virent obligés de lacasser de nouveau ; ce qui lui occasionna une fièvre dont il faillit mourir.Il guérit cependant, et regarda toujours sa guérison comme un fait mira-culeux.

Sa fracture guérie, on saperçut que los faisait saillie au-dessous dugenou, et comme cet obstacle allait lempêcher de porter sa botte avec lagrâce ordinaire, Ignace voulut quon lui sciât cet os, et il souffrit lopéra-tion sans pousser un cri; mais elle lobligea à garder le lit bien longtemps.Comme il sy ennuyait, il demanda des romans, pour passer le temps.Nen trouvant pas dans le château, on lui apporta à la place la Vie dessaints. Cette lecture eut dabord peu dattraits pour lui; mais bientôt il yprit goût, et les réflexions quelle lui inspira lengagèrent à imiter les per-sonnages dont il admirait les actions.» Pourquoi ne ferais-je pas ce quils» ont fait? se disait-il. Cétaient des hommes comme moi. »

Son frère aîné, qui, par la mort de leur père, venait dhériter de la

(1) Ferdinand d'Aragon, devenu roi dEspagne par son mariage avec Isabelle de Castille,élail cinquième du nom dans les deux monarchies.