U HISTOIRE ET COSTUMES DES ORDRES RELIGIEUX.
veniant scandala. Verumtumen vœ liomini illi per quem venit scandalum.(Matth., 18, 7.)
Enfin, après sept ans de misère que subit Jeanne de Ma tel hors de soncouvent de Paris, on voulut bien l’y recevoir de nouveau en '1670. Lelendemain de sa rentrée elle reçut le saint viatique et demanda à recevoirl’habit avant de mourir et à faire profession de son ordre. Elle eut bien dela peine à l’obtenir. Il fallut pour cela lui procurer un bref du cardinalde Vendôme, légat du pape Clément X en France.
Après sa profession, son état parut s’améliorer et on croyait quelleallait guérir. Mais un remède qu’on lui donna lui devint funeste, et elleexpira le 11 septembre 1670. Son corps fut ouvert, afin d’envoyer soncœur à son couvent de Lyon.
Après sa mort, les religieuses de Paris, qui s’étaient si mal comportéesà son égard, furent expulsées de leur maison. On prétexta un manque deforme dans l’enregistrement des lettres patentes relatives à cet établisse-ment, pour les en déposséder : punition bien juste de la mauvaise conduitede cette communauté!
11 ne resta plus en France que cinq couvents de cet ordre : à Lyon, à'Avignon, à Grenoble, à Roquemore et à Anduze.
La robe de ces religieuses est blanche, avec un manteau et un scapu-laire rouge, une ceinture de laine de la même couleur, et, sur le scapu-laire, le nom de Jésus dans une couronne d’épines; au-dessus du nom deJésus un cœur surmonté de trois clous, avec ces mots : Amor meus; letout brodé en soie bleue.
Le pape Innocent X avait approuvé les constitutions de cet ordre, quiexiste encore aujourd’hui en France. C’est dans le diocèse de Limogesqu’il est le plus répandu. Ces religieuses y ont cinq établissements : à Dun,à Saint-Iriex, à Evaux, à Saint-Junien et à Azerables, où elles tiennentdes pensionnats, enseignent gratuitement les filles pauvres, et soignent àdomicile les indigents.